Angélique Cilia Lacorte : de la justice au médico-social, il n’y a qu’un pas

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Titulaire d’une maîtrise en droit à l’université d’Aix-Marseille, Angélique Cilia Lacorte se reconvertit, après une première carrière juridique, dans le secteur de l’offre médico-sociale. Une vocation toute trouvée puisque Angélique est, depuis cette année, responsable de la Cellule allocation des ressources performance, au sein de la Direction de l’offre médico-sociale à l’ARS Paca.

En résumé

  • Angélique Cilia Lacorte s’est appuyée sur ses compétences juridiques pour intégrer le service personnes âgées à la délégation départementale des Bouches-du-Rhône de l’ARS Paca.

  • Après un contrôle des comptes, l’ARS Paca conclut un contrat de retour à l’équilibre, dans lequel les établissements « s’engagent à assainir leurs comptes ».

  • Plus de 152 millions d’euros de crédits non reconductibles ont été alloués ont été alloués aux Ehpad « pour couvrir les surcoûts liés à l’épidémie de Covid-19 ».

Angélique Cilia Lacorte, votre carrière professionnelle s’inscrivait d’abord dans le secteur juridique…

J’ai obtenu en 2002 une maîtrise en carrières judiciaires à la faculté de droit d’Aix-en-Provence. Dans la foulée de mon diplôme, je suis entrée à la Préfecture de Marseille en tant que rédacteur juridique, au sein de la section contentieux sur les droits des étrangers. J’ai aussi effectué des plaidoiries devant le tribunal administratif de Marseille. Par la suite, j’ai intégré la DDASS des Bouches-du-Rhône en tant qu’agent administratif. En contact permanent avec le public, je gérais des dossiers relatifs à la réinsertion sociale et aux demandes d’asile.

Fin 2004, un poste de chargée d’animation territoriale en Etablissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) s’est ouvert à la Délégation départementale des Bouches-du-Rhône de l’ARS Paca. J’ai saisi cette opportunité et j’ai été intégrée au service personnes âgées. Je me suis familiarisée avec le sujet « sur le tas ». L’avantage, c’est que, grâce à mon cursus universitaire et mes expériences professionnelles, je disposais de bases juridiques pour m’imprégner au plus vite des réglementations.

Dix ans plus tard, en 2014, vous rejoignez donc le secteur personnes âgées à la Direction de l’offre médico-sociale (DOMS).

Au départ, je souhaitais devenir magistrate. Puis la découverte du secteur médico-social a révélé en moi une véritable vocation. A mon arrivée au siège, à la DOMS, j’ai débuté sur un poste dédié à l’allocation de ressources sur le champ des personnes âgées, en binôme avec le responsable du département. La même année, j’ai passé et réussi le concours d’attaché d’administration d’Etat. Comme j’avais besoin d’évoluer au fur et à mesure de ma carrière, j’ai également obtenu le concours d’attaché principal en 2018.

Aujourd’hui, vous êtes responsable de la Cellule allocation des ressources performance. Décidément, vous ne restez pas sur vos acquis !

Comme je ne voulais pas me cantonner qu’aux personnes âgées, ma directrice m’a proposé une création de poste en tant que responsable de la cellule allocation de ressources performance (CARP). J’ai débuté cette mission  en septembre 2020, pour une prise de fonction officielle au début de l’année 2021. A la CARP, qui est une cellule transversale, nous collaborons avec l’ensemble des acteurs médico-sociaux, avec le monde politique, pour produire des analyses financières fines des établissements.

Comment définiriez-vous la notion de performance dans le secteur de l’offre médico-sociale ?

La performance, c’est améliorer l’offre, transformer les points faibles des établissements en points forts. Notre objectif est de leur venir en aide, de vérifier s’ils sont en difficulté (et dans quelle ampleur) à travers les chiffres, dans l’optique d’anticiper et d’organiser leurs restructurations.

Nous souhaitons aussi mettre l’accent sur l’accompagnement. L’idée n’est pas seulement de réaliser des contrôles. Nous définissons ce que l’on appelle un contrat de retour à l’équilibre, dans lequel les établissements s’engagent à assainir leurs comptes.

A ce poste, le management fait désormais partie de vos responsabilités !

Totalement. C’est une dimension que je souhaitais apporter à ma carrière professionnelle. Aujourd’hui, j’ai 4 personnes sous ma responsabilité. Il faut savoir s’adapter au caractère et à l’état d’esprit de chacun. Certains ont besoin d’être stimulés et encouragés dans leurs tâches, tandis que d’autres sont plus autonomes. Le propre du manager est de savoir fédérer l’ensemble des profils qu’il a à sa disposition pour honorer la mission du service.

Quel profil faut-il avoir pour exercer au sein de la CARP ?

De toute évidence, la CARP nécessite d’être expérimenté en matière d’analyse financière et de bien connaître les règles de gestion budgétaire. Sur le plan humain, il faut avoir le sens de la solidarité et du service public. Par exemple, si l’un des agents voit sa charge de travail diminuer en période creuse, celui-ci peut venir prêter main forte à l’ensemble du service.

Il faut conserver à l’esprit que notre cellule ne traite pas seulement de chiffres, mais de dotations à un établissement qui accueille des personnes vulnérables qu’il faut accompagner et aider. J’ai d’ailleurs décidé qu’en 2022, chaque agent de la CARP visitera un Etablissement et service médico-social (ESMS) pour se rapprocher davantage du terrain.

Le Président de la République a régulièrement employé l’expression du « quoi qu’il en coûte » pour qualifier la gestion de l’épidémie de Covid-19. Comment cela s’est-il appliqué aux Ehpad ?

Je vous le confirme, nous sommes bel et bien dans le « quoi qu’il en coûte ». L’an dernier sur le champ des personnes âgées, plus de 152 millions d’euros de crédits non reconductibles ont été alloués pour couvrir les surcoûts liés à l’épidémie de Covid. Ce qui correspond à la quasi-totalité de la dotation allouée au département des Alpes-Maritimes sur le champ des personnes âgées en 2019.

Dans un premier temps, nous avons demandé quels étaient les besoins des établissements pendant l’épidémie, sans réaliser de contrôle en amont. Pour « l’après-Covid », il s’agit simplement de rendre des comptes à travers un contrôle a postériori qui a débuté en février 2021.

Quels autres chantiers intéressent la CARP pour les mois à venir ?

Le principal sujet est la régionalisation de l’allocation des ressources en 2021. A l’heure actuelle, toutes les décisions en la matière se prennent au sein des différentes Délégations départementales, sauf les personnes âgées qui se prennent à la DOMS.

Auparavant, au sein des délégations départementales, les documents étaient rédigés, scannés puis envoyés aux établissements. Le fait d’adopter par exemple une procédure de signature électronique permet un gain de temps significatif, car les décisions peuvent être communiquées instantanément aux établissements.

L’intérêt est aussi d’alléger les délégations départementales pour qu’elles puissent se consacrer à leur cœur de métier, l’animation territoriale et les inspections sanitaires et sociales.