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A Briançon, la Pass (permanence d’accès aux soins de santé) prend en charge les migrants

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L'hôpital de Briançon, qui recevait en urgence les migrants, a mis en place une unité fonctionnelle médicale et sociale pour prendre en charge au mieux les patients sans droits.
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"En montagne, on ne laisse jamais quelqu’un en difficulté”

C’est sur la foi de ce principe que les habitants de Briançon apportent leur aide aux migrants qui empruntent une voie de passage entre la France et l’Italie. Avec toutes les conséquences que cela comporte, notamment pour l’hôpital de Briançon, qui a vu en 2017 un surcroît de personnes arriver dans son service des urgences.

“On a noté au cours des dernières années une augmentation de patients migrants sur le service des urgences, explique Bastien Ripert-Teilhard, le directeur délégué de l’hôpital de Briançon, avec des problématiques, des plus simples aux plus complexes, en fonction de leur histoire et des maladies qu’on n’avait plus l’habitude de voir : la gale par exemple ou la tuberculose et la bilharziose. Le volume de personnes a un peu déstabilisé le service avec cet afflux supplémentaire, dans un contexte soumis à une forte saisonnalité”.

Il n’est pas facile pour l’hôpital de trouver le bon modèle d’une prise en charge digne pour ces patients qui n’ont pas de droits pour accéder au système de san- té, en proposant le juste soin. Il faut également traiter les risques d’épidémie pour eux et les per- sonnes qui les accueillent. “Il s’agit de trouver le bon suivi pour ces patients là car ils ne sont sou- vent que de passage”.

Une structure médico-soignante ouverte sur l’extérieur

Les associations accueillant les migrants ont constitué une cel- lule médicale composée de vo- lontaires bénévoles. Ils s’étaient fixés pour mission d’assurer les premiers soins permettant un premier tri d’un point de vue médical pour éviter le passage systématique aux urgences.

Dans le même temps, cette situation a motivé une alerte de l’autorité de tutelle, l’ARS Paca. “Nous avons rencontré ses dirigeants pour exposer nos difficultés et nos préoccupations de santé publique. En accord avec les responsables de l’ARS, l’idée de construire un projet de Pass a été mise sur la table et l’hôpital de Briançon a effectué des propositions d’une Pass interne à l’hôpital de Briançon et mobile au plus près des besoins des populations ne bénéficiant pas de droits de santé. Nous demandions la capacité à soutenir financièrement dans la durée cette problématique alors que nous avons un devoir d’humanité d’accueillir ces personnes comme un constat pragmatique que l’hôpital apportait déjà des réponses de fait sans couverture financière accroissant les difficultés de l’hôpital de Briançon”.

Ce dispositif a été mis en place il y a un an environ, au sein de l’hôpital avec un temps médical, un temps infirmier et une volet social avec une assistante sociale très importante pour gérer l’accueil des migrants et des personnes précaires.

Cette structure médico-soignante a été rattachée au service des urgences, sous la responsabilité du Dr Charles Maupas et du Dr Louise Pabst. “Nous avons aussi un protocole d’accord avec notre pharmacie pour l’accès aux médicaments, souligne Bastien Ripert. L’ARS nous aide financièrement pour permettre cet accès aux médicaments sous la base d’ordonnances hospitalières. La Pass dispose de cette permanence intra-hospitalière mais aussi d’une équipe mobile pour aller auprès des associations d’hébergement des migrants”.

Cette Pass est ouverte aussi pour la prise en charge des personnes qui vivent dans la précarité et qui n’ont plus de droits. “Cette demande a été abordée par la problématique de la migration mais on va au-delà et on essaie d’accompagner sur l’ensemble du territoire”.

Ce bilan depuis un an est très positif, comme le souligne Bastien Ripert, le directeur délégué. “Tout d’abord, nous avons maitrisé les enjeux épidémiques ; ensuite, nous avons répondu aux besoins en santé ; enfin, depuis la création de la Pass, ce sont 20 personnes qui sont suivies en moyenne en association et qui ne se présentent plus systémati- quement aux urgences, désengorgeant le flux. Et puis ce travail global avec les autres personnes précaires répond à une demande plus cachée sur le territoire”. L’hôpital de Briançon souhaite à présent renforcer la Pass pour offrir un bouquet de prises en charge harmonisées et complémentaires.

À Gap aussi, la Pass accueille des migrants

Les personnes migrantes ne s’arrêtent pas à Briançon et sont orientées ensuite sur la permanence d’accès aux soins de santé déjà existante de Gap, à partir des différents territoires des Alpes plus au sud, Veynes et Embrun par exemple. Cette Pass se trouve confrontée aux mêmes types de missions que la Pass de Briançon pour assurer une prise en charge digne et correcte de ces personnes étrangères qui fuient leur pays. “Ce qu’on constate, explique Bastien Ripert, c’est que les migrants descendent jusqu’à Gap et vont dans la Pass déjà existante. Nous avons intérêt à coordonner notre action”. La Pass de Gap a souhaité des locaux dédiés et des moyens supplémentaires pour répondre de manière  satisfaisante aux besoins de santé de ces populations migrantes dont le nombre augmente régulièrement.

Source de l'article : Priorités Santé - n°52 Mai / Juin / Juillet / Août 2018

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