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Coronavirus/Covid-19 et qualité de l’air

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L’organisation mondiale de la santé rappelle que les études menées à ce jour semblent indiquer que le virus responsable de la Covid-19 est principalement transmissible par contact avec des gouttelettes respiratoires, plutôt que par voie aérienne.
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Le coronavirus SARS-COV-2 est un virus qui se transmet par les gouttelettes de sécrétions naso-pharyngées et dans les cas suivants : par contact direct entre des personnes en face à face, lorsque l’on est plus de 15 minutes dans un espace confiné avec une personne malade et contact via des objets contaminés.

Il est important également de retenir que la durée de vie du virus est de 3 heures en milieu sec, et qu’elle peut s’étendre à 6 jours en milieu humide (Source: Avis du HCSP du 24/03/20).

L’organisation mondiale de la santé rappelle que les études menées à ce jour semblent indiquer que le virus responsable de la Covid-19 est principalement transmissible par contact avec des gouttelettes respiratoires, plutôt que par voie aérienne.

Pour autant, le HCSP recommande d’améliorer les connaissances par la mise en place d’études pour connaitre l’aérosolisation de ce virus et la part respective de chaque modalité de transmission (contact, gouttelettes et air) dans la diffusion de la Covid-19.  Il indique qu’une transmission par aérosol ne peut être exclue dans les milieux clos, alors que ce risque paraît très faible en milieu extérieur ou dans des espaces de gros volume. Il préconise ainsi le port de masques grand public dans certaines circonstances, en complément des mesures barrières, de l’hygiène des mains et de distanciation physique qui restent indispensables (Source: Avis du HCSP du 08/04/20).

Mais alors quels sont les liens entre la propagation du virus et la qualité de l’air ?

La pollution augmente le risque de maladies respiratoires

Le lien entre pollution atmosphérique par les particules et morbidité ou mortalité d’origine respiratoire est bien documenté. Lorsque la pollution est plus élevée, le nombre de personnes malades (morbidité) et la mortalité associée à telle ou telle maladie augmentent. En effet, du fait de ses effets oxydants et irritants, l'exposition chronique à un air ambiant chargé en particules fragilise notre appareil respiratoire et notre système immunitaire et peut, selon notre état de santé, nous rendre plus vulnérable aux agents infectieux. Il est donc essentiel de protéger les personnes « vulnérables » et « sensibles » : asthmatiques, personnes atteintes d’insuffisance respiratoire notamment.

Selon l’étude de Santé publique France publiée en 2016, chaque année en France, ce sont 48.000 décès prématurés qui sont liés à la pollution de l’air que nous respirons par les particules et 4.500 décès prématurés en région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

La présence de de pollens peut provoquer des allergies, pensez à le mentionner à votre médecin en cas de symptômes pouvant vous faire craindre une contamination au coronavirus. Pour connaître la situation pollinique de votre département consultez le site du RNSA.

La distanciation sociale nécessaire pour ralentir la propagation du virus

La vitesse de progression de la contamination a été progressivement réduite par les mesures de distanciation sociale et de réduction des activités (ont les déplacements) non vitales ou non essentielles à la vie du pays mises en place dans le cadre du confinement annoncé le 14 mars dernier et vont dans le sens d’une réduction du risque de contact avec le virus.

L’application de ces mesures a entraîné une forte diminution des émissions de polluants dans l’air en France et en région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur comme l'a mesuré Atmosud. En respectant les mesures mises en place, nous avons contribué toutes et tous à limiter l’étendue de la contamination et nous nous sommes placés dans de meilleures conditions que les niveaux de pollution que nous connaissons habituellement en période d’épidémie grippale.

Depuis la levée progressive du confinement le 11 mai dernier, le respect des gestes barrières et de mesures de distanciation sociale est toujours aussi important pour limiter la propagation du virus.

Le confinement a eu un impact positif sur la qualité de l’air grâce à la diminution de certaines sources de pollution en particulier celles liées au trafic routier (Source: AtmoSud).

Avec la levée progressive du confinement depuis le 11 mai dernier, la reprise de certaines activités et des déplacements pourrait, selon la météo et l’intensité des sources d’émission, dégrader la qualité de l’air et augmenter l’exposition à la pollution. Mais il est possible de « se déconfiner » en préservant, à la fois, sa santé et la qualité de l’air (tout en respectant les mesures barrières et de distanciation physique notamment) en limitant l’usage de la voiture et en favorisant l'usage de mobilité actives (vélo, trottinette, marche, etc.).

En ces temps de restriction des sorties nécessaire à la limitation de la propagation du coronavirus, pensez à la qualité de l’air intérieur de votre logement.

L’avis du haut conseil de santé publique (HCSP) daté du 17/03/2020 insiste sur la nécessité de maintenir une bonne ventilation de notre logement pour éviter toute concentration des particules virales, tout particulièrement dans les chambres des malades maintenus à domicile ou en habitat et lieux d’accueil collectifs.

Le confinement des personnes au sein du logement ne veut pas dire le confinement du logement !

Nous passons en temps normal approximativement 80 % de notre temps dans des espaces clos (logement, travail, espaces publics, transports...). Actuellement, pour les personnes confinées, cette proportion peut dépasser 95 % du temps et ne concerne quasiment que le logement. Il est donc essentiel de mettre en place des bonnes pratiques pour réduire l’exposition aux polluants intérieurs dans ce dernier.

Aérer son logement deux à trois fois par jour pour renouveler l’air

Le maître mot est d’aérer son logement régulièrement, au minimum 2 à 3 fois par jour pendant 5 à 10 minutes, surtout en cette période d’utilisation importante de gel hydroalcoolique. De manière générale, un manque de renouvellement d’air à l’intérieur des bâtiments est plutôt propice à la contagion entre les personnes. Si un système de ventilation mécanique est présent, il ne faut donc pas boucher les entrées d’air situées au niveau des fenêtres et les bouches d’extractions des pièces humides.

Evitez l'utilisation de parfums d’ambiance qui ajoutent inutilement des polluants intérieurs qui peuvent être nocifs pour la santé. Lors des activités de cuisine, veillez à bien aérer et à utiliser la hotte par extraction de la cuisine et/ou la 2ème vitesse de la bouche de ventilation de la cuisine.

Vous avez plus de temps chez vous, essayez donc de changer vos habitudes de ménage en utilisant des techniques ou produits d’entretien alternatifs, plus simples et moins polluants : nettoyage à la microfibre imprégnée d’eau, à la vapeur, utilisation de vinaigre d’alcool, bicarbonate de soude ou savon noir. Ne pas oublier : le propre n'a pas d'odeur !

Santé publique France a été auditionnée le 11 mai 2020 sur les liens entre la pollution atmosphérique et l’épidémie de Covid-19. L’occasion de rappeler que la reprise des activités ne doit pas se faire au détriment de la qualité de l’air, déterminant majeur de la santé. Santé publique France a également appelé à la prudence sur l'ensemble des données scientifiques produites sur le sujet depuis le début de l'épidémie, car les données nécessitent d'être consolidées.

Des travaux seront menés en 2020-2021 pour :

  • estimer les impacts à court terme et long terme des baisses de pollution atmosphérique ambiante occasionnés par les mesures prises pour limiter la propagation du virus
  • étudier le lien entre l’exposition à long terme aux particules fines et le risque de décès et d’hospitalisation pour Covid-19
En savoir plus sur le site Internet de Santé publique France