Covid-19 : recommandations pour la ventilation de l'air intérieur

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Covid 19 recommandation ventilation air interieur
Compte-tenu du risque de transmission du Covid-19 par voie aéroportée, et de manière privilégiée à travers des microgouttelettes, il est légitime de se poser la question de l’impact des dispositifs de traitement de l’air sur la propagation du virus dans un bâtiment.
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Dans la très grand majorité des cas, les installations de traitement de l'air ne permettent pas l'échange des volumes d'air entre les pièces d'un bâtiment. Le renouvellement de l'air se fait par une prise de l'air neuf à l'extérieur. 

Dans certains cas particuliers, des centrales de traitement de l’air peuvent recycler de l’air "altéré"  mais cet air est filtré avant d’être réinsufflé dans les locaux. 

Pour les dispositifs de climatisation et de chauffage non collectifs, l’air est uniquement brassé à l’intérieur de la pièce concernée, si bien qu’il n’y a pas d’échange d’air avec les autres pièces du bâtiment.

Enfin, les dispositifs de traitement mécanique de l’air intérieur sont pour la grande majorité équipés de filtres, ce qui limite encore la possibilité de transport de gouttelettes par ces dispositifs. 

Dans ce contexte, le risque que l’installation de traitement de l’air soit un vecteur de contamination semble réduit.

Il est indispensable de maintenir une aération ou une ventilation des habitations et des bureaux pour assurer un renouvellement de l’air satisfaisant.

Pour les bâtiments non pourvus de systèmes spécifiques de ventilation 

Pour les bâtiments non pourvus de systèmes spécifiques de ventilation, il est recommandé de procéder à une aération régulière des pièces par ouverture des fenêtres avec les règles habituelles d’ouverture (10 à 15 min deux fois par jour).  

Pour les bâtiments pourvus de systèmes spécifiques de ventilation

Pour les bâtiments pourvus de systèmes spécifiques de ventilation, il est recommandé de :

  • veiller à ce que les orifices d’entrée d’air et les fenêtres des pièces ne soient pas obstrués,
  • veiller à ce que les bouches d’extraction dans les pièces de service ne soient pas obstruées,
  • vérifier le bon fonctionnement du groupe moto-ventilateur d’extraction de la VMC,
  • accroitre l’amenée et l’extraction de l’air (pour augmenter le renouvellement de l’air intérieur),
  • favoriser l’aération par ouverture des fenêtres
  • de désactiver les systèmes de recyclage de l’air (systèmes de récupération de chaleur). 

Ventilateurs mécaniques en usage intérieur

Les ventilateurs dits collectifs ne remplacent pas une climatisation mais ils peuvent rafraichir les personnes lors de la canicule dans une pièce commune.

Le ventilateur rend la charge virale homogène dans la pièce et son niveau moyen dépendra du système de ventilation (en général le système VMC).

Mais, en créant un mouvement d’air important, il va projeter les gouttelettes respiratoires émises par les personnes à distance dans la pièce et rendre inopérante la distance de sécurité entre les personnes.   

Il est donc recommandé de ne pas utiliser de ventilateurs collectifs.

Le ventilateur individuel pour une personne seule dans une pièce ne pose pas de problème.  

Les patients atteint du Covid-19, doivent être maintenue à domicile, dans une seule pièce de son logement si possible.  

Lorsqu’il est amené à en sortir, il porte un masque anti-projections de type chirurgical et applique les mesures barrières d’hygiène, et de distanciation physique.

Il est recommandé d'aérer de manière régulière, par ouverture en grand des fenêtres au cours de la journée (10 à 15 minutes au minimum 2 fois par jour à minima).  

L’objectif de cette aération naturelle est d’assécher l’air et les surfaces.

Dans le cas d’un logement ne disposant que d’une seule pièce (studio), il est conseillé, dans la mesure du possible, que les autres occupants du logement soient hébergés dans un autre logement (familial ou dans un lieu dédié). 

Il convient de vérifier que les systèmes de ventilation et de climatisation ne favorisent pas les contaminations par le Covid-19.

En cas de regroupement de personnes dans une salle commune il convient de prendre les mesures visant à limiter la contamination par l’aérosolisation de particules virales.

Dans tous les cas de figure, une personne présentant des symptômes de Covid-19 ne doit pas se rendre dans des lieux collectifs.

Dans un cas individuel, pour une personne dans une chambre seule sans intervenant extérieur, le ventilateur, climatiseur ou brumisateur ne pose aucun problème.

Climatiseurs individuels 

On entend par climatisation individuelle un équipement qui n’est pas lié à la ventilation du local à climatiser (maison, appartement, commerce, pièce commune d’un établissement...) et qui associe généralement une pompe à chaleur, située à l’extérieur du local, et une ou plusieurs unités intérieures situées dans les pièces ou locaux à climatiser (les splits).

Les climatisations peuvent refroidir ou être mixtes (technologie inverter) et assurer la fonction chauffage et la fonction refroidissement.  
 
Le Haut conseil de santé publique rappelle que :

  • les climatiseurs individuels ne ventilent pas un local,
  • le groupe intérieur prend l’air dans la pièce et restitue cet air à la température désirée,
  • la ventilation pourra être naturelle ou forcée avec une installation de type VMC,
  • il relève des occupants d’aérer aussi en ouvrant périodiquement les fenêtres,
  • les unités intérieures filtrent l’air pour à la fois protéger l’appareil et, selon le filtre retenu, assainir l’atmosphère. Selon les marques et les options certains filtres dits "filtres à pollen" ont une capacité d’arrêt proche des filtres HEPA (seuil de coupure de l’ordre du µm) et des filtres chirurgicaux. Certains fabricants associent une unité de stérilisation de l’air en complément. 
  • les filtres situés dans les splits doivent être retirés, puis nettoyés périodiquement et réinstallés. Ce nettoyage se fera conformément aux spécifications des fabricants avec au minimum l’utilisation d’un détergent. 
  • changer périodiquement les filtres par des filtres neufs peut aussi contribuer à la qualité de l’air intérieur.
  • la fréquence des nettoyages en cas de suspicion de Covid-19 devra être au minimum hebdomadaire.
  • la maintenance globale des unités intérieures (nettoyage, désinfection) doit se faire régulièrement.
  • il existe des unités de climatisation mobiles et qui échangent avec l’extérieur à l’aide d’un tube plastique souple. Le groupe extérieur comme le split se trouvent dans l’unité mobile. Ces installations ont un fonctionnement similaire aux installations fixes et la maintenance est la même.  

 
Si la ventilation est conforme, les climatiseurs individuels bien dimensionnés et équipés de filtres performants permettent d’obtenir un air « filtré » qui fait baisser significativement la charge virale de la pièce et donc moins contaminant si une ou plusieurs personnes infectées sont dans la pièce. 

Climatisations collectives 

Ne sont concernées que les climatisations centralisées ne nécessitant pas de mélange entre une fraction de l’air sortant et l’air entrant.

Les très rares climatisations collectives avec recyclage partiel de l’air imposent d’adapter les procédures de maintenance au risque sanitaire actuel et de faire évoluer les bonnes pratiques appliquées à la conception des installations.
 
Pour les installations dites collectives avec centrale de traitement d’air, il est recommandé de vérifier l’absence de mélange et l’étanchéité entre l’air repris des locaux et de l’air neuf dans les centrales de traitement d’air, afin de prévenir l’éventuelle recirculation de particules virales dans l’ensemble des locaux par l’air soufflé.

On peut aussi déconnecter ces échanges thermiques pour n’avoir qu’un système dit « tout air neuf », c’est-à-dire la séparation entre réseau d’air soufflé et réseau d’air repris qui est extrait directement à l’extérieur.

Les installations disposant d’unités terminales (de type ventilo-convecteurs) situées en allège sous les fenêtres ou dans un plénum (de type faux-plafond) qui brassent l’air d’une pièce ou d’une plate-forme (open-spaces) pour le rafraîchir, peuvent poser problème. 
Dans cette configuration, si plusieurs personnes sont présentes dans la même pièce, il est recommandé qu’elles portent un masque de protection en complément des mesures barrières préconisées par ailleurs.

Les climatisations collectives correctement entretenues ne présentent ainsi pas de risque.

Un entretien conforme aux règles de l’art est à réaliser par des professionnels. Il sera porté la plus grande attention à la maintenance des filtres dans les immeubles tertiaires.

Dans un avis du 14 octobre 2020, le HCSP recommande de maintenir le chauffage des espaces clos collectifs, afin d’atteindre une température de confort en adéquation avec l’activité des occupants.

Il convient par ailleurs d’assurer le renouvellement régulier de l’air des locaux avec un apport d’air neuf qui devra, si possible, être augmenté. La mesure en continu de la concentration en dioxyde de carbone (CO2), à l’aide de capteurs, permet d’en juger la qualité.
Le HCSP recommande de limiter strictement la jauge d’occupation à ce que permet le débit réel d’air neuf entrant dans le local tout en respectant la distanciation physique.

Il propose que les appareils de chauffage à air pulsé et les systèmes de ventilation mécanique soient maintenus en fonctionnement continu.

Le HCSP recommande de vérifier l’absence d’obstacles au bon fonctionnement de la diffusion de l’air dans les locaux, et d’éviter le recyclage d’air par l’installation centralisée de traitement d’air pour éviter le transfert éventuel d’aérosols viraux dans plusieurs locaux.

Le HCSP souligne la nécessité d’ouvrir les fenêtres pendant quelques minutes, plusieurs fois par jour, afin d’augmenter encore le niveau de renouvellement d’air dans les locaux. Il rappelle qu’une hygrométrie trop basse favorise la formation d’aérosols.