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Dans les coulisses de l’ARS : Chloé Vigouroux, référente nutrition

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Chloé Vigouroux est devenue pilote de programmes de prévention en mars 2019, après deux ans en tant qu’attachée de département à la direction de la santé publique et environnementale. Suite à la sortie du Plan national nutrition et santé, elle nous explique comment elle compte transformer les priorités nationales en actions concrètes sur notre territoire.
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Quel a été votre parcours professionnel ?

J’ai d’abord fait une licence en ressources humaines à la faculté d’économie d’Aix-Marseille. Ensuite, j’ai suivi un Master 1 en gestion publique. Puis j’ai obtenu mon Master 2 sur l’action publique territoriale à l’institut d’études politiques d’Aix-en-Provence.

J’ai intégré l’agence en 2012, au service des ressources humaines. J’ai alors pu me spécialiser dans le recrutement, en passant une certification. J’ai occupé cette fonction de « recruteuse » pendant 5 ans.

Vous avez ensuite fait un virage à 360° pour intégrer la direction de la santé publique et environnementale ?

Exactement. En 2017, j’ai eu envie de quitter les fonctions supports. J’ai toujours eu une appétence pour la prévention et la santé environnementale. Alors, lorsque le poste d’attachée de département est paru, j’ai sauté le pas et j’ai postulé !

Ce poste m’a permis de me familiariser avec la direction métier, d’apprendre des techniques de gestion de projet et de coordination d’équipe. J’ai d’ailleurs pu gérer le Projet développement durable en établissements de santé. Ces missions ont été un réel tremplin vers le poste que j’occupe aujourd’hui.

Pouvez-vous me dire quelles sont vos missions en tant que pilote de programme de prévention ?

En mars, j’ai pris le poste de pilote de programme de prévention. Ce poste m’a attirée car il mobilise des compétences en pilotage de projets et nécessite un travail en transversalité que j’ai appréhendé en tant qu’attachée de département.

Aujourd’hui, j’ai trois missions principales :

Cela fait beaucoup de thématiques différentes !

C’est vrai. Au départ,  le lien entre ces trois missions n’était pas évident pour moi. Je me suis vite rendu compte que la nutrition est une thématique très transversale. C’est un déterminant de santé majeur et un facteur de risque en lien avec de nombreuses maladies chroniques. C’est pourquoi, elle est intégrée dans chacun des plans d’actions en prévention et promotion de la santé.

C’est en lien avec le programme d’accès aux soins pour les plus démunis car les personnes en situation de précarité ont plus de difficulté à accéder à une alimentation équilibrée et favorable à une bonne santé.

Pour la santé mentale c’est la même chose. Une bonne alimentation et la pratique d’une activité physique régulière peuvent réduire les facteurs de risque, notamment dans les troubles de l’anxiété et la dépression.

Quelles sont donc vos priorités et vos ambitions sur la thématique nutrition ?

Dans un premier temps, je dois identifier les enjeux du territoire et réaliser un état des lieux des actions menées en matière de nutrition. Mon ambition est de centraliser les informations pour avoir une vision claire des choses et ensuite mener une stratégie régionale.

Pour cela, j’organise un groupe de travail nutrition. Le premier se tiendra le 22 novembre. L’objectif est de rassembler les délégations départementales de l’agence autour du sujet pour définir des axes stratégiques en concertation.

L’agence n’est pas la seule institution à travailler sur ce sujet. L’Ademe, la Dreal, la Draaf, la Région, l’éducation nationale : tous sont concernés.

Une démarche transversale est indispensable pour porter ce sujet.  Aussi, nous avons lancé une communauté d’acteur : « Co Alim », pour décloisonner les politiques alimentaires.

Grâce à ces actions de coordination, nous aurons un plan d’action concret, concerté et cohérent sur le territoire régional.

En attendant, vous travaillez déjà sur des actions ?

Oui. Je travaille déjà en lien avec le département santé environnement sur les thématiques de l’alimentation durable, notamment par rapport à l’exposition aux contaminants chimiques dans l’alimentation.

Sur le volet médico-social, nous avons aussi lancé une expérimentation au sein des Ehpad sur la prévention de la dénutrition des personnes âgées.

Et puis, des actions locales sont déjà en place, comme « Ratatouille et cabrioles », un projet à destination des plus jeunes sur l’éducation nutritionnelle, ou encore Obepedia pour mieux prendre en charge les enfants et les adolescents atteints d’obésité sévère.

Comment s’intègre le programme national nutrition santé dans tout ça ?

De nouvelles recommandations sont à prendre en compte dans ce plan : la prévention auprès des femmes enceintes, la lutte contre les inégalités sociales, la promotion des nouvelles recommandations nutritionnelles, l’amélioration de la restauration collective dans les écoles, la promotion du nutri-score etc.

Le rôle de l’agence est d’établir une feuille de route régionale, en fonction de ces mesures nationales et des besoins de la population du territoire.

Ce qui est encore plus intéressant dans ce nouveau plan, c’est qu’il s’inscrit dans le Programme national alimentation nutrition qui est porté par les ministères de l’Alimentation et des Solidarités et de la Santé. Cela permet plus de transversalité, car la production de denrée alimentaire, leur qualité, leur commercialisation doivent être en lien avec les recommandations nutritionnelles.