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Dans les coulisses de l’ARS : Christine Ortmans, responsable du département de veille et sécurité sanitaire

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Christine Ortmans
Après avoir fait le tour du monde avec Médecins sans frontières, Christine Ortmans a pris les rênes du département de veille et de sécurité sanitaire il y a une année déjà. Elle revient avec nous sur son parcours et nous explique en détail ses missions.
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Vous êtes responsable de la veille et de la sécurité sanitaire. Qu’est-ce que cela signifie ?

En fait, je suis responsable de trois entités :

  • la réception et la gestion des signaux sanitaires (maladies à déclaration obligatoire, signaux exceptionnels, épidémies, etc.) ;
  • la préparation aux situations sanitaires exceptionnelles (préparation du système de soins à un afflux massif de victimes en diverses situations: attentat, inondations, etc.) ;
  • la troisième entité est le service qui traite des vigilances, en particulier, les signalements issus du portail des vigilances qui est ouvert aux professionnels de santé et au public depuis 2017 : ce portail réceptionne les signalements des événements sanitaires graves dans les établissements de santé. L’objet est bien d’améliorer la prise en compte et la culture des signalements dans notre pays.

Cette organisation est-elle nouvelle ?

Effectivement, ces trois services ont fusionné, c'est un continuum : ce sont 3 aspects d’une même réalité. Il y a à la fois la gestion des alertes et la préparation des alertes : c'est le chaud et le froid. Plus on sera prêts à gérer les situations exceptionnelles, que l’on sait désormais possibles, mieux on pourra les gérer, plus on signalera des évènements graves dans les établissements de santé, mieux on pourra les éviter. Enfin la mission de gestion des maladies à déclaration obligatoire est une mission essentielle des ARS puisqu’il s’agit de prévenir les épidémies et les cas groupés de maladies graves (la plupart sont ou peuvent être mortelles).

Vous êtes arrivée le 1er février. Un premier bilan à 1 an ?

Il y a de nombreux dossiers à traiter en même temps. Certains ont avancé correctement d’autres sont encore en attente. Il y a eu également quelques épidémies (de rougeole, du Charbon dans les Hautes-Alpes, du West Nile virus, pathologie transmise par un moustique et potentiellement très grave, dans les Alpes Maritimes) et une canicule, l’été passé. La gestion des signaux a été régionalisée (les signaux des 5 départements sont gérés par une équipe du siège DD04 et DD84).

Le réseau régional des vigilances s’est mis en place en 2018 et l’équipe qui prépare les plans de sécurité et situations sanitaires exceptionnelles travaille activement. On ne s’ennuie vraiment pas à l’ARS Paca mais je suis contente d’être là, d'autant plus que je m'appuie sur des équipes très sympathiques et surtout très compétentes.

Quel est votre parcours professionnel ?

Médecin depuis 1985, j'ai mené plusieurs missions avec Médecins sans frontières, au Mozambique, aux Philippines, au Pakistan, au Liban, sur des problématiques en lien avec les maladies infectieuses comme la rougeole, la tuberculose mais aussi l’organisation des soins ou des campagnes de vaccination.

A mon retour en France, j'ai travaillé à l'Agence Française de lutte contre le Sida, où j'étais chargée des populations les plus vulnérables. Depuis 2005,  je suis médecin inspecteur de santé publique et j'ai eu l'occasion de manager les services de veille et de sécurité sanitaire dans Val d’Oise et à Paris jusqu’en 2012. Ce nouveau poste à l'ARS m'intéressait beaucoup, d'autant plus qu'avant d'arriver, j'étais chargée de mission sur les maladies émergentes et maladies tropicales, dont les arboviroses, à la Direction générale de la santé (DGS).

Vous avez donc traversé la crise Zika en 2014 ?

Tout à fait ! Nous avons appris en marchant, on connaissait peu de cette arbovirose. Il a fallu se préparer, faire de la recherche, saisir le Haut Conseil de la Santé Publique et les infectiologues compétents pour avoir leur avis sur cette pathologie. En réalité, ce virus sévissait depuis longtemps en Ouganda dans la forêt Zika, mais avec le temps il est probablement devenu beaucoup plus transmissible et plus agressif : les premiers cas ont été déclarés en Micronésie, en Polynésie, puis cette flambée épidémique au Brésil a secoué le monde.

A la DGS, mon travail était de repérer ces épidémies (Ebola aussi), les risques pour les populations et de mettre en place des mesures notamment pour le dépistage des femmes enceintes et la prise en charge des nouveaux nés contaminés par le virus Zika, après avoir consulté les experts. C'était très intéressant et très riche.

Quelles sont, selon vous, les qualités indispensables pour mener à bien votre mission ?

Une bonne organisation, de la patience et être à l’écoute des besoins et des difficultés des agents. Ce n’est pas toujours facile dans le contexte très contraint de l’agence mais il faut pouvoir apporter les meilleures solutions possibles avec les moyens dont on dispose. .

Aller plus loin

Qu'est-ce qu'un plan blanc ?

Le plan blanc contient des mesures d’organisations destinées à faire face à une situation sanitaire exceptionnelle ou une activité accrue d’un hôpital. Il permet d’organiser l’accueil et la prise en charge d’un afflux massif de victimes d’un accident, d’une catastrophe, d’une épidémie ou d’un événement climatique meurtrier et durable.

Qu'est-ce qu'un plan bleu ?

Elaboré sous la responsabilité du directeur de l'établissement médico-social, le plan bleu est un plan d’organisation permettant la mise en œuvre rapide et cohérente des moyens indispensables permettant de faire face efficacement à une crise quelle qu'en soit sa nature.La mise en place d'un plan bleu permet aux établissements médico-sociaux de s’inscrire dans une démarche qualité opérationnelle en réalisant un bilan exhaustif de leurs capacités de fonctionnement usuelles et en évaluant leur réactivité face à une situation exceptionnelle voire en situation de crise.