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Dans les coulisses de l’ARS : Diane Pulvenis, pilote du programme Paerpa du Var

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Portrait Diane Pulvenis
Après 20 ans de carrière à Paris, Diane Pulvenis a rejoint l’ARS Paca à la délégation départementale du Var en 2014, en tant que responsable du département des politiques territoriales. En 2016, elle est devenue par ailleurs pilote du programme Paerpa, le Programme parcours de santé des ainés. Aujourd’hui, elle nous explique en quoi cela consiste et dresse le bilan de cette expérimentation réussie
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Diane, que faisiez-vous avant d’arriver à l’agence régionale de santé Paca ?

Je suis médecin de santé publique. J’ai exercé à l’Agence régionale d’hospitalisation d’Ile-de-France de 1999 à 2004 où j’étais, entre autre, en charge du Schéma régional d’organisation des soins pour personnes âgées. J’ai ensuite été responsable du pôle gérontologique à l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, à la Direction de la politique médicale, pendant 6 ans puis sous-directrice des services aux personnes âgées au Centre d’action sociale de la ville de Paris, jusqu’en 2014. J’ai ensuite rejoint l’Agence, à la délégation départementale du Var.

Quelle est votre mission au sein de l’ARS ?

Je suis responsable du département des politiques territoriales dans lequel travaille une équipe de 35 personnes. Nous mettons en œuvre la politique de l’agence autour de ses différents champs d’actions : la prévention, le développement des soins de proximité, l’accompagnement des établissements de santé et médico-sociaux dans l'évolution et l'adaptation aux enjeux de santé.

Et le programme Paerpa dans tout ça ?

Le Paerpa ou Parcours de santé des ainés est un projet transversal. A l’origine, c’est une initiative nationale lancée par la Direction de la sécurité sociale fin 2013. La région Paca a rejoint le programme fin 2016 avec une expérimentation lancée sur le territoire Var-Est et étendue à tout le département en 2018.

L'objectif de ce programme est d’améliorer le parcours de santé de la personne âgée en mettant en œuvre des dispositifs de coordination et de décloisonnement entre les professionnels du sanitaire, du médico-social et du social et en prévenant la perte d’autonomie et les ruptures de parcours par le repérage de la fragilité.

Avec ce programme, nous avons développé de nouveaux services sur le territoire visant à améliorer les interfaces et développé des programmes de prévention de la perte d’autonomie et de repérage de la fragilité.

Quels sont les bénéfices de ce programme sur la population ?

Ce programme permet d’améliorer la qualité des prises en charge des personnes âgées. Cela passe notamment par une meilleure coordination des professionnels de santé entre eux, ce qui leur permet d’apporter des réponses adaptées, dans un temps convenable mais aussi avec les professionnels médico-sociaux et sociaux.

Après un peu plus de 2 ans d’expérimentation sur le Var-Est, on constate déjà une baisse du recours aux urgences (-11%), et une baisse des soins non programmés (-4,7%). Cela montre que les personnes âgées sont mieux prises en charge, en ville, à leur domicile.

Dans le même temps, nous menons des opérations de communication pour faire adhérer les professionnels de santé du territoire au projet. 4000 professionnels ont été sensibilisés en 2 ans.

Qu’est-ce qui vous a motivé à piloter ce projet ?

Quand l’on m’a proposé le pilotage du Programme Paerpa, j’ai tout de suite vu cela comme l’opportunité de mettre en place un projet d’envergure, qui serait utile à la population. Lorsque nous dressons le bilan aujourd’hui, je suis heureuse de voir que nos actions communes portent des  fruits.

Ce qui me motive également, c’est cette démarche multi-partenariale. Lorsque l’on s’occupe des personnes âgées, ce ne sont pas seulement les problématiques de santé qui doivent être prises en compte, mais également les problématiques sociales, familiales, économiques. Et c’est pour cela que nous réunissons un très grand nombre d’acteurs autour du programme. Le Paerpa, c’était le challenge de réunir tous les acteurs pour construire un parcours de santé fluide et de qualité pour nos ainés.

De quoi êtes-vous le plus satisfaite ?

Du travail en profondeur de décloisonnement que nous menons. Nous travaillons sur les murs porteurs du dispositif gérontologique au sens large qui entoure une personne âgée et ses proches. Ce travail structurel, de longue haleine, est porteur de sens. Je suis heureuse que nos partenaires nous aient fait confiance et s’y engagent comme ils le font.

Quels sont vos projets pour la suite ?

Nous avons une volonté forte de transformer l’essai en une démarche pérenne. Le Paerpa a servi d’incubateur à de nombreuses innovations nationales dans le domaine de la coordination des professionnels tels que les plateformes d’appui ou les astreintes infirmiers de nuit entre Ehpad.  De même, la notion de parcours de santé rentre dans le droit commun et l’ARS entend poursuivre cette dynamique inscrite au cœur de la stratégie «Ma santé 2022» et de son Projet régional de santé.

Je pense aussi que le Paerpa est un exemple de dynamique territoriale aboutie. C’est un modèle que l’on peut appliquer à d’autres projets. Il permet, par une coordination institutionnelle forte, de simplifier la vie des professionnels, sans faire à leur place mais en les soutenant et en facilitant leurs démarches. L’articulation des politiques publiques est essentielle. C’est ainsi qu’on construit un parcours inclusif pour les personnes âgées sur les territoires.

Le mot de la fin ?

Ce n’est qu’un début et il faut continuer cette démarche. Je vous invite d’ailleurs à lire cette interview de Dominique Libault, pilote national de la concertation "grand âge et autonomie" qui parle très justement des futurs possibles pour ce programme. A lire ici

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