Une agence, pour une meilleure santé

Dans les coulisses de l'ARS : rencontre avec Louise Charles, chargée de la mission Saco

Actualité
Dans les coulisses de l'ARS
Date de publication
Visuel
Louise charles
Après avoir passé deux ans dans les coulisses de la direction des politiques régionales de santé, Louise Charles a pris son envol au milieu de l'année 2017, en rejoignant la direction des soins de proximité. Elle revient avec nous sur son parcours, ses choix et nous parle en détail de la création de la mission Saco.
Corps de texte

Vous avez fait vos premiers pas à l'agence en tant que chef de mission "projets transversaux". Qu'est-ce que cela signifie ?

Pour résumer, je travaillais sur tout ce qui se rapportait à la démarche parcours de santé, son animation en interne à l’agence et auprès des partenaires ainsi qu’aux expérimentations, qu'il fallait construire, mettre en œuvre, suivre et faire le bilan. J’ai, également, piloté, en lien avec la référente santé mentale, les conseils locaux de santé mentale, en binôme avec ma collègue, qui s'occupait de son côté des conseils locaux de santé.

Nous travaillions toutes les deux à assurer la déclinaison du projet régional de santé par la contractualisation. Je me suis également beaucoup investie dans l'organisation des Agoras 2015 et 2017, en charge du pilotage du projet dans son ensemble et la coordination de l’équipe en interne et le lien avec les prestataires.

Cette mission a été très riche : elle m’a offert l’opportunité de travailler à la fois avec les directions métiers et les délégations départementales sur la programmation des Agoras, et elle m’a demandé de la polyvalence en travaillant étroitement avec les services support de l’ARS. Cela m’a permis aussi de mieux cerner les fonctionnements de l’agence et ses différents métiers.

Comment avez-vous été amenée à travailler pour la mission Saco ?

Quand je travaillais à la direction des politiques régionales de santé, je préfigurais déjà l'expérimentation des plateformes territoriales d'appui (PTA). C'est au sein de cette direction qu'avait été lancée la transformation de certains réseaux vers des services polyvalents, des "PTA expérimentales".

Quand Claude d'Harcourt est arrivé à l'ARS, il a décidé de créer une mission Saco, car il trouvait incohérent que différents dispositifs de coordination qui ont le même objectif final (c'est-à-dire la bonne intervention au bon moment au bon endroit), soient gérés par des directions métier différentes. Saco a permis de réunir les PTA, les réseaux, les Maia, Paerpa, en une seule et même mission, pilotée par une équipe unique.

Concrètement, qu'a changé la création de la mission Saco dans l'organisation de l'agence ?

Ce qui change fondamentalement c'est que la mission Saco est une mission transversale au sein même d'une direction métier. Et c'est très intéressant parce que, dans cette direction essentiellement consacrée aux soins de proximité et à la médecine de ville, il y a à la fois un programme Paerpa et des Maia, consacrés aux personnes âgées, des réseaux de santé qui sont spécialisés (handicap, soins palliatifs, addictologie…), et des plateformes territoriales d'appui qui sont généralistes. Il s’agit de mettre en place de nouvelles organisations autour des PTA, qui regroupent tous ces dispositifs, pour offrir des services aux professionnels qui font face à des situations complexes, des réponses globales et adaptées aux besoins de tous les publics. Piloter cette mission demande d'avoir une vision globale sur les parcours de santé notamment complexes.

En soutien à la médecine de ville et aux soins de proximité, et en appui du virage ambulatoire, la mission Saco participe pleinement à la transformation de notre système de santé : la gradation des soins, l’accompagnement à la coordination des acteurs, l’émergence de nouvelles pratiques et de nouvelles organisations, l’intégration des innovations et la fédération des acteurs publics autour d’orientations et d’actions partagées en faveur de la santé.

Les partenaires attendent de voir la mission Saco se concrétiser sur le terrain. Comment allez-vous vous y prendre ?

Nous avons fait un état des lieux en 2017, en collaboration avec l’URPS médecins libéraux et élaboré une stratégie régionale avec la direction générale. En 2018, les PTA sont montées en charge et sont sorties de leur stade expérimental pour offrir des services pérennes.

En janvier, nous aurons maillé tout le territoire régional avec 9 PTA, autour desquelles se mettent en place dans les territoires de nouvelles organisations de l’appui à la coordination des prises en charge et des accompagnements des personnes en situation complexe.

Autour de ce point d’entrée unique sur le territoire qu’est la PTA, convergent les dispositifs de coordination, pour plus de lisibilité auprès des professionnels de santé et davantage d’efficience du service rendu. On ne s’attache plus seulement au contenant mais davantage au contenu. 2019 sera l’année de la communication et de l’accompagnement au changement.

Comme opérer ces changements avec les partenaires sur le terrain ?

Notre ambition, à la mission Saco, c'est de faire de la conduite du changement. Mais le vrai changement vient du terrain, vient des acteurs. Ce n'est pas à nous de leur dicter les modifications de pratiques, nous sommes là pour donner le cadre, la méthode, le calendrier, et surtout pour les accompagner dans cette évolution. Et ça, c'est un vrai changement de posture dans l'administration. Nous ne sommes plus dans une posture descendante mais bien dans un rôle de médiateur, de facilitateur de projets et d'accompagnateur. Ce changement ne touche pas seulement nos partenaires et les opérateurs, il nous concerne nous aussi à l’ARS dans nos modalités de travail et notre posture.

Avez-vous des projets ?

Nous sommes une toute petite équipe au niveau du siège, en articulation étroite avec les directions métier et en collaboration quotidienne avec les délégations départementales. Nous formons une véritable équipe projet transverse. Il convient donc de nous former ensemble et de nous outiller pour pouvoir être proactifs sur le terrain et conduire le changement. La mission Saco, nous la menons ensemble !

Quel est votre parcours professionnel ?

J’ai fait Sciences Po Paris puis je me suis tournée vers le marché du travail. J’ai commencé chez Eurocopter, à un poste d'affaire publiques. J'ai découvert un nouveau monde et cela m'a apporté de nombreuses compétences que je n'avais pas. C’était bien mais je n’avais pas le bon profil dans le domaine de l’aéronautique ! J'avais besoin de redonner du sens à mon travail et à mon parcours professionnel, qui avait débuté autour de l’action publique et de l’intérêt général, je ressentais le besoin de contribuer, à ma façon, à une meilleure organisation de notre système. C'est la raison pour laquelle j'ai postulé à l'ARS !

Quelles sont, selon vous, les qualités indispensables pour mener votre mission ?

Je pense qu'il faut être organisé, structuré et rigoureux. C'est le propre de la conduite de projet. Je rajouterais qu'il faut savoir être à l'écoute, et faire preuve de pédagogie, en interne mais aussi auprès de nos partenaires car le changement ce n'est pas toujours facile. Nous devons être là pour eux et leur apporter des réponses adéquates et concrètes. Enfin, je dirais qu'il faut avoir un esprit positif, être engagé, et avoir beaucoup d'énergie à donner !