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Dans les coulisses de l’ARS : rencontre avec Ludovique Loquet

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Ludovique Loquet
Après des études en biologie et génétique moléculaire, Ludovique s’est pris de passion pour la santé publique. Elle a mené une carrière réussie dans ce secteur et c’est tout récemment qu’elle a choisi de changer et de se tourner vers les ressources humaines en santé ! Elle nous explique ici son parcours et ses projets pour prendre soin de ceux qui nous soignent.
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Pouvez-vous nous expliquer votre parcours professionnel ?

J’ai une maitrise de biologique et génétique moléculaire. A la fin de mes études, je ne me voyais finalement pas enfermée dans un laboratoire toute la journée... A l’époque, je vivais à Lille. J’ai choisi de compléter ma formation avec un diplôme d'études supérieures (DESS) spécialisé en santé publique, prévention et promotion de la santé.

C’était la première promo de ce DESS. Après mon diplôme, je suis allée travailler à Strasbourg où j’ai été responsable d’une structure de prévention. Et puis j’ai suivi mon mari. Nous avons déménagé dans le Sud, à Marseille où je vis maintenant depuis 18 ans !

J’ai commencé ma carrière dans le Sud au Comité régional de l’éducation pour la santé puis j’ai intégré l’URCAM où j’étais chargée de mission de prévention.

En 2010, les URCAM ont été intégrées aux ARS et c’est comme ça que je suis devenue responsable du service puis du département des politiques de prévention et promotion de la santé.

Vous vous occupez désormais des ressources humaines en santé. Comment êtes-vous arrivée à ce poste ?

Cela faisait 20 ans que je travaillais dans la santé publique. Il y a un an, j’ai eu naturellement besoin de changer et j’ai donc postulé au poste de responsable du Département des ressources humaines en santé.

J’avais envie de voir si je pouvais transposer mes compétences en gestion de projet et en management sur une thématique où je n’étais pas moi-même experte. J’ai pu découvrir une autre équipe, un autre secteur, d’autres manières de travailler, d’autres partenaires.

Un an après, je n’ai pas de regret. Je suis vraiment satisfaite de m’être « mise en danger », d’être sortie de ma zone de confort.

Quelle est la mission du Département des ressources humaines en santé ?

Le Département des ressources humaines en santé est composé de deux services. Le service de la gouvernance hospitalière et le service « exercice des professions de santé ». Nous avons des missions très variées.

Nous gérons par exemple le recrutement des directeurs d’établissement, la relation avec les syndicats, la gestion des mobilités en établissement pour les personnels non-médicaux, la qualité de vie au travail en établissement.

Côté professionnels de santé, nous gérons l’internat et l’affectation des internes de médecine, de pharmacie, d’odontologie pour leurs stages, la carrière des personnels hospitaliers ou encore la gestion des demandes des professionnels de santé étrangers qui souhaitent s’installer en France.

Nous avons un vrai rôle d’accompagnement des professionnels, en lien avec les facultés de médecine de la région et le Centre national de gestion des praticiens hospitaliers.

Il y a un côté patchwork dans nos missions et nous travaillons un peu dans l’ombre  alors que nous menons à bien beaucoup de missions réglementaires indispensables !

Cela fait un an et demi que vous avez pris ce poste. Quelle votre touche personnelle apportez-vous à ces missions ?

Du fait des missions très diverses du département, j’essaie de créer une dynamique et des sujets communs, plus transversaux entre les services.  

J’attache aussi une importance particulière à mener des dynamiques en mode projets.

Depuis 1 an et demi, nous menons entre-autres un travail pour améliorer la qualité de vie au travail (QVT) en établissement. Il y a une forte dynamique partenariale sur ce sujet avec les promoteurs de la QVT comme l’Association régionale pour l’amélioration des conditions de travail ou la Carsat. 

Notre objectif est vraiment de développer cette dynamique et de mettre en œuvre des outils pour accompagner les établissements dans des démarches QVT comme la prévention des troubles musculo-squelettiques, la sécurisation des lieux de travail, ou l’accompagnement à la formation et aux mobilités.

En termes d’impulsion, on sort des sentiers battus avec le développement des assistants à temps partagés, des assistants universitaires de médecine générale.

Prendre soin de ceux qui soignent. C’est notre mission. Qu’est-ce qui se cache dernière cette orientation stratégique ?

« Prendre soin de ceux qui soignent » est un axe du Projet régional de santé.

Nous avons constaté que les soignants ce ne sont pas des gens qui se plaignent. Pourtant, leur profession les expose particulièrement à des risques de souffrance au travail, d’épuisement tant physique que psychique.

C’est un sujet qui me touche d’un point de vue personnel car mon père était médecin libéral et je l’ai vu en souffrance. J’ai vu la quantité de travail qu’il a absorbé toute sa vie. J’ai donc une sensibilité personnelle sur ce sujet.

La démarche au sein des établissements était déjà engagée. C’était moins le cas pour le secteur libéral.

Quand j’ai découvert le programme Med Aide, qui est un dispositif pour accompagner les médecins en difficulté  mis en place par l’URPS Médecins libéraux, j’ai eu envie de consolider ce dispositif.

C’est un projet très confraternel et bienveillant. Notre idée est de déployer ce projet à d’autres professions car cette souffrance existe aussi chez les infirmiers et pour beaucoup d’autres professions médicales libérales.

Voilà un bel exemple de la manière dont nous prenons soin de ceux qui soignent.

Nous parlons aussi beaucoup d’attractivité des métiers. Qu’est-ce qui est mis en place par l’agence ?

Nous essayons de proposer et de développer de nouveaux modes d’exercice pour mieux répondre aux attentes des professionnels. Aujourd’hui, les médecins ne souhaitent pas forcément se lancer directement après leurs études.

Pour cela, nous développement des contrats d’assistant à temps partagé, qui permettent aux jeunes médecins d’exercer entre deux hôpitaux ou en exercice mixte pour leur permettre de parfaire leur formation et de découvrir les différents modes d’exercice et le territoire.

Nous développons aussi les contrats d’engagement de service public, qui permet aux médecins et aux dentistes de bénéficier d’une aide financière durant leur étude, en échange de quoi ils iront exercer dans une zone dites « sous-dotée » en professionnels de santé à la fin de leurs études.

Nous répondons à la fois à la problématique de l’évolution des métiers ; car nous proposons des choses qui sont plus en phase avec ce que recherche les jeunes ; et à la fois nous travaillons sur l’attractivité médicale dans certains territoires puisqu’en région Paca, le problème n’est pas tant le manque de professionnels mais plutôt sur leur répartition.

Pour finir, nous travaillons en partenariat avec les organismes de formation sur l'accompagnement des établissements publics et privés dans le déploiement d’une politique de gestion des compétences. On soutient plus spécifiquement le renouvellement d’une cartographie régionale des métiers, la poursuite des actions d’accompagnement aux établissements et l’étude régionale sur les métiers sensibles et émergents….mais il reste beaucoup à faire !