Une agence, pour une meilleure santé

De nouvelles façons d’exercer les métiers de santé

Actualité
La santé de demain commence aujourd'hui
Date de publication
Visuel
Un professionnel de santé auscultant un nouveau né
Crédit : Raphaël de Bengy
L'ARS Paca organise le système de santé et veille à la qualité et la sécurité des pratiques professionnelles. Pour cela, des actions sont mises en place pour permettre une meilleure coordination entre les professionnels de santé et pour garantir la formation initiales et continu des professionnels.
Corps de texte

AU SOMMAIRE

Médecins correspondants du Samu : un maillon essentiel pour sauver des vies

Urgences / Nouveaux métiers

En cas d’urgence vitale, chaque minute compte. Le fait d’habiter une vallée isolée pourrait donc compromettre les chances de survie. Dans le département des Hautes-Alpes, l’ARS déploie un dispositif de 31 médecins correspondants du Samu (MCS) qui interviennent en premier recours, en attendant le Service mobile d’urgences et de réanimation (Smur). Une organisation qui a fait ses preuves.

Un homme de quarante ans souffre de vives douleurs à la poitrine. Sa compagne appelle le Samu. Il vit dans le Queyras, à près d’une heure de l’hôpital le plus proche. Un délai trop long, sans présence médicale, pour cette situation d’urgence. Le Samu centre 15 contacte donc le médecin correspondant qui réside à proximité.

Dix minutes plus tard, le médecin est sur place avec tout le matériel dont il a besoin pour intervenir, notamment un défibrillateur. « En 2012, l’ARS a accordé une enveloppe spécifique afin de créer un réseau de MCS dans les secteurs isolés, à plus de trente minutes d’un hôpital ou d’un Smur » explique le Dr Marie-Annick Hidoux, médecin urgentiste depuis 27 ans, coordonnatrice du réseau MCS des Hautes-Alpes et directrice médicale du Centre d’enseignement des soins d’urgence (Cesu) de Gap. Dès le début du projet, douze praticiens ont répondu présents.

« La formation est la clef de la réussite d’un tel projet. Les médecins bénéficient de sept jours de formation initiale durant laquelle ils abordent tous les domaines d’intervention en urgence, puis chaque année, quatre jours de formation continue. C’est indispensable pour garantir un niveau de compétences professionnelles. A l’issue de la formation, ils sont équipés de matériels et médicaments nécessaires à la prise en charge des urgences vitales ou potentiellement vitales et ils savent pratiquer des gestes d’urgence et mettre en œuvre des protocoles partagés avec les médecins urgentistes smuristes ».

207 interventions en 2016

Aujourd’hui, 31 praticiens ont ainsi été formés, 7 futurs médecins ont fait connaître leur souhait de rejoindre le réseau en 2018. « Tous ont en commun l’envie de s’impliquer dans les urgences vitales. Le statut de MCS impose une grande disponibilité. »

En 2016, les MCS ont été sollicités à 207 reprises, soit une croissance de l’activité de +40 % en un an. Les principaux motifs d’intervention sont les pathologies cardio-vasculaires (47 %), les traumatismes (21 %), les urgences obstétricales (15 %) et les pathologies neurologiques (12 %).

« Nous travaillons, aussi, dans le cadre d’une thèse de médecine générale à l’élaboration d’un projet de référentiel de compétences pour les MCS, qui n’existe pas actuellement au plan national ».

L’expérience acquise dans les Hautes-Alpes intéresse déjà d’autres territoires enclavés, qui souhaitent s’en inspirer pour mettre en œuvre leur propre réseau. Le Dr Hidoux vient d’être nommée coordonnateur régional des réseaux MCS en Paca par l’ARS.

Pratique avancée : des infirmières au champ de compétences élargi

Infirmière

Depuis plusieurs années, des infirmières françaises se forment à la pratique avancée, pour étendre leur rôle auprès des patients. Ainsi les infirmières pourront de plus en plus assurer le suivi médical des malades et les médecins se concentrer sur leur expertise. Elles renforcent ainsi leur capacité à prendre des décisions complexes et disposent de compétences cliniques pour une pratique de soins élargie, incluant notamment la recherche.

L’université d’Aix-Marseille est un des établissements de France qui prépare à la pratique avancée. « La loi prévoit que les infirmières formées à la pratique avancée pourront effectuer des activités nouvelles, notamment en ce qui concerne l’orientation des patients, le dépistage, la prévention, l’éducation thérapeutique, les actes de techniques et la surveillance clinique. Ce sont des activités supplémentaires au champ de compétence d’une infirmière de soins généraux. Elles devraient aussi pouvoir effectuer des prescriptions » explique Sébastien Colson, maître de conférences, enseignant-chercheur en sciences infirmières et co-responsable pédagogique du Master.

Marie Mellinas est l’une d’elle. Cette infirmière exerce son métier à la fois en libéral et au Centre Hospitalier d'Avignon, dans le comité de coordination en cancérologie. Elle compte déjà 24 années d’expérience. Il y a deux ans, Marie Mellinas est retournée sur les bancs de la faculté afin d’obtenir un Master de sciences cliniques infirmières. Les prévisions d’effectif d’infirmières de pratique avancée en France seraient d’environ 3 %. Mais les décrets d’application n’étant pas encore parus, les modalités pratiques restent à définir.

S’investir dans des projets de recherche

« Pour moi, la pratique avancée va permettre d’améliorer les réponses en matière de santé publique » explique Marie Mellinas. « A titre personnel, je consacre un quart de mon temps de travail à la coordination des chimiothérapies orales, en lien avec l’hôpital d’Avignon. Grâce à ma nouvelle formation et à la pratique avancée, je souhaite particulièrement m’investir dans des projets de recherche, sur des sujets qui pourraient être le dossier médical partagé ou la pharmacovigilance, autant de sujets qui correspondent aux nouvelles pratiques que l’ARS Paca souhaite développer. »

Aux Etats-Unis et au Canada, pays pionniers, les infirmières sont formées aux pratiques avancées depuis les années soixante. Les différentes études réalisées prouvent la pertinence d’une telle organisation pour répondre aux besoins de la population, dans le contexte de prise en charge des personnes soignées au sein de parcours de santé ville-hôpital.

Une offre de soins coordonnée par les professionnels de santé

Pour proposer une offre de soins coordonnés autour des besoins des patients et éviter les ruptures dans leurs parcours de santé, les professionnels de santé se réorganisent et font évoluer leurs façons d’exercer sur l’ensemble du territoire. C’est justement ce qu’explique David Darmon, maitre de conférence des universités en médecine générale, et médecin généraliste, à la maison de santé pluridisciplinaire des Collines dans les Alpes-Maritimes, composés des trois centres de santé de Roquefort-Les-Pins, du Rouret, de Valbonne (Sophia Antipolis).

« L’exercice isolé est compliqué. Aujourd’hui les professionnels de santé exercent de plus en plus en groupe et se coordonnent pour hiérarchiser les prises en charge et pour pouvoir faire plus pour les patients ». Pour toutes ces raisons, la MSP travaille avec de nombreux professionnels de santé : deux infirmières proposent des séances gratuites d’éducation thérapeutique pour les patients atteints de maladies chroniques qui sont financées par l’ARS. En plus, des consultations de spécialistes comme les orthoptistes, les dermatologues sont possibles.

« Nous permettons aux patients de bénéficier de techniques de soins plus complexes comme la spirométrie pour les personnes atteintes de broncho-pneumopathie chronique obstructive ou la cryothérapie. L’objectif est d’améliorer l’accès à ces soins et d’éviter que les patients attendent trop longtemps pour consulter des spécialistes ».

Membre de la fédération des maisons et des pôles de Santé en Paca, la MSP entend également développer la télémédecine et les téléconsultations. « Nous utilisons déjà un peu la télémédecine quand nous envoyons nos électrocardiogrammes en centre d’interprétation par exemple. Cela nous permet d’avoir une double lecture des résultats. Nous sommes en train de réfléchir à une expérimentation des téléconsultations en Ehpad ».

EXCLU WEB - Pour une meilleure coordination autour de la prise en charge des personnes âgées

Dans le Var, le centre hospitalier de Dracénie à Draguignan aide les professionnels de santé à coordonner leurs actions grâce à la mise en place, depuis le mois de mai 2017, d’une coordination territoriale des aînés (CTA).

Il s’agit d’une plateforme téléphonique d’information, d’orientation et d’appui à destination de l’ensemble des professionnels (médecins, infirmiers libéraux, pharmaciens, kinésithérapeutes, établissements de santé, CCAS et services à domicile, CLIC, travailleurs sociaux) intervenant au service des personnes âgées de 75 ans et plus. « Nous les informons, les orientons, et coordonnons la prise en charge de leurs patients, explique Claire Prevoteau, chargée de mission à la CTA de Draguignan. En somme, nous les soutenons et accompagnons pour leur apporter un appui ».

EXCLU WEB - La préparation et la gestion des situations sanitaires exceptionnelles

La notion de situation sanitaire exceptionnelle englobe toutes les situations susceptibles d’engendrer une augmentation sensible de la demande de soins ou de perturber l’offre de soins. Cela peut être une maladie infectieuse à potentiel épidémique (épidémie de grippe en 2009), une catastrophe naturelle (l’épisode caniculaire de 2003), un accident technologique (usine AZF à Toulouse en 2001) ou encore un acte malveillant (attentat de Nice le 14 juillet 2016).
Au quotidien, au sein de l’ARS Paca, le département de veille et de sécurité sanitaire, la mission défense et sécurité, et les équipes dédiées dans les délégations départementales  ont vocation à exercer une veille et à organiser la réponse sanitaire adéquate.

L’ARS Paca est l’ARS zonale de la zone de défense Sud qui comprend 2 autres ARS (Occitanie et Corse). Elle a donc un rôle particulier d’animation et de coordination à la fois dans la préparation et la gestion des situations sanitaires exceptionnelles.

Dans cette perspective et afin de vérifier la robustesse des plans de réponse, des exercices sont régulièrement réalisés (par les opérateurs au niveau local, au niveau départemental, régional, zonal ou national).

Pour répondre aux  situations sanitaires exceptionnelles, l’ARS s’appuie sur le schéma Orsan qui est l’outil central de la planification de la réponse du système de santé. Celui-ci est arrêté par le directeur général de l’ARS après avis des préfets de département, des comités départementaux de l’aide médicale urgente, de la permanence des soins et des transports sanitaires. Le schéma Orsan prévoit les modalités de coordination entre les acteurs concernés.

Il construit la préparation du système de santé en 3 axes :

  • acquérir et répartir des moyens sanitaires mobilisables pour faire face aux menaces identifiées ;
  • former et entraîner les professionnels à la gestion des situations sanitaires exceptionnelles ;
  • consolider le dispositif d’urgence médico-psychologique.

 

Aller plus loin

Le saviez-vous ?

  • 99% de la population en région Paca dispose d’un service de soins urgents en moins de 30 minutes.
  • Près de 1 800 000 passages aux urgences en 2016 en région Paca.
  • Environ 650 médecins urgentistes.
  • Près de 40 médecins correspondants Samu.
  • 60 000 infirmiers
  • dont 16 029 infirmiers libéraux