Une agence, pour une meilleure santé

Ghislaine Guigon et Camille Eymeoud, un engagement infaillible pour la démocratie en santé

Actualité
Date de publication
Visuel
Portrait métier gishlaine et camille
Tombée dans la marmite du service public en 1977, Ghislaine Guigon a effectué toute sa carrière au service de l’intérêt général. Arrivée à l’agence en 2010, elle a fait partie de l’équipe de préfiguration de la future ARS. Depuis 2015, elle est chargée de la mise en œuvre de la promotion des droits des usagers au service démocratie en santé.
Corps de texte

Avant de prendre une retraite bien méritée l’année prochaine, elle a accepté de nous parler de son parcours et des missions qui l’animent.  Elle est accompagnée de Camille Eymeoud, qui, quant à elle, a pris la tête du service en octobre 2018.

Ghislaine, comment êtes-vous arrivée à l’agence ?

J’ai commencé ma carrière à la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (DDASS) des Pyrénées-Orientales en tant que secrétaire adjointe à la Commission  départementale de l’éducation spéciale (CDES). J’étais en charge de l’orientation et la prise en charge des enfants handicapés vers des structures adaptées.

J’ai ensuite souhaité rejoindre le service « hygiène du milieu », plus connu sous le nom de santé environnement aujourd’hui,  qui était à l’époque un service précurseur, notamment au niveau informatique. J’y ai découvert des activités liées à la santé environnementale : habitat insalubre,  contrôles des baignades et des eaux de consommation, etc.

C’est pour me rapprocher de mon compagnon que je suis venue à Marseille où j’ai été mutée à la Direction régionale des affaires sanitaires et sociales au Tribunal des affaires de sécurité sociale. Pendant cinq ans j’ai appris ce nouveau métier de secrétaire d’audience auprès de deux magistrats.

L’opportunité m’a ensuite été donnée de suivre et développer les programmes de santé publique et prévention au sein du service des actions de santé et offre de soins.

Lors de la création des ARS,  j’ai fait partie de l’équipe de préfiguration de ce qui était alors notre future agence. Lors de ma prise de fonction en 2010, j’ai intégré le service démocratie en santé. Avec ma responsable de service, nous avons mis en place la Conférence régionale de la santé et de l’autonomie et progressivement développé tous nos outils de démocratie en santé et de représentation des droits des usagers. Il s’agissait de bâtir les fondations de la future démocratie en santé !

Quelles sont les missions du service démocratie en santé ?

Le service a vocation à valoriser la démocratie en santé dans toutes ses déclinaisons en articulation avec  la conférence régionale de la santé et de l’autonomie (CRSA) et ses commissions, les conseils territoriaux de santé, les associations, les professionnels, et les établissements de santé et médico sociaux. Il comprend deux volets.

 Le volet « concertation institutionnelle » qui contribue à donner aux acteurs locaux les moyens de devenir partie prenante dans la politique régionale de santé, à travers leur participation aux réflexions et aux travaux de la CRSA.

Et le volet « Usagers du système de santé » dont la mission principale est de faire connaitre et faire respecter les droits des usagers du système de santé au sein des structures de santé,  et également médico-sociales et  ambulatoires.

Notre objectif est que chaque individu devienne acteur de sa santé, qu’il sache qu’il peut utiliser son expérience en santé au bénéfice d’autres patients, qu’il peut  accéder à son dossier médical, ou connaître les différentes voies de recours  par exemple. Souvent, les personnes prennent conscience de leurs droits une fois qu’elles rencontrent des difficultés.

Pour que les droits individuels soient pris en compte, nous devons aussi agir sur les droits collectifs, et nous assurer que les usagers sont bien représentés dans les instances, par des associations d’usagers agréées du système de santé.

Nous veillons donc pour que les droits soient respectés et pour que les usagers soient complètement impliqués dans l’organisation du système de santé.

Concrètement, comme cela se passe ?

Un de nos leviers est la feuille de route inscrite dans le Projet régional de santé 2018-2023. Il décline l’ensemble des mesures à mettre en œuvre pour assurer la défense de droits individuels et collectifs : développer les « compétences en santé »  pour permettre à chacun d’agir et d’adopter les bons comportements pour sa santé ; promouvoir l’utilisation du savoir des patients ; faire évoluer la formation des professionnels ; valoriser les fonctions de représentant d’usagers, impliquer les citoyens dans les décisions,  etc.

La mise en œuvre de la politique de promotion des droits des usagers passe aussi par l’instruction des dossiers d’agrément des associations d’usagers de la région. Nous accompagnons les associations dans cette démarche, la nomination des représentants des usagers dans les commissions des usagers des établissements de santé avec la mise en œuvre d’une procédure régionale et la coordination des appels à candidatures.  

Pour évaluer le respect des droits, nous mesurons des indicateurs en sondant les structures de santé : établissements de santé, médico-sociaux, cabinets médicaux, services à domicile. A la suite de ça, nous livrons des recommandations que les structures appliquent. Ils jouent le jeu et sont bien conscients des enjeux.

Quels sont vos grands projets du moment ?

En ce moment, mon cheval de bataille c’est le dispositif de la personne qualifiée, essentiel pour la défense des droits fondamentaux des usagers du secteur médico-social. Depuis 2018, nous organisons, dans chaque département, des rencontres avec les personnes qualifiées et tous les acteurs liés à ce dispositif.

Les personnes qualifiées sont des bénévoles qui interviennent  gratuitement et en toute indépendance pour assurer une médiation avec les établissements et services sociaux et médico-sociaux et accompagner les usagers pour faire valoir leurs droits.

Nous avons constaté un manque de mobilisation des personnes qualifiées et des correspondants départementaux en charge de ce dispositif. C’est pourquoi nous avons décidé de relancer ce dispositif afin de l'inscrire dans une démarche globale d’animation de la démocratie en santé sur le territoire.

Camille, vous avez pris la responsabilité du service en octobre 2018. Quelles sont vos ambitions pour le service ?

Je trouve la thématique de la démocratie en santé  passionnante et j’apprécie le bon esprit et l’enthousiasme de l’équipe ! 

La démocratie en santé permet de favoriser l’émergence de réponses innovantes aux besoins de la population, de considérer les réalités du terrain et de mobiliser l’ensemble des acteurs du système de santé.

Ma volonté pour le service est de rendre encore plus visibles nos actions afin de faire vivre cette démocratie en santé. Cela passe notamment par deux objectifs prioritaires: faire connaitre les droits des usagers à la fois au sein de l’agence, auprès des partenaires et auprès des usagers eux-mêmes et faire vivre les instances de démocratie en santé.

Ghislaine, le mot de la fin ?

Je suis ravie de l’arrivée de Camille. Elle donne une nouvelle impulsion, un nouvel éclairage.

Je suis heureuse de terminer ma carrière sur ce poste à la démocratie en santé. Mes missions me tiennent particulièrement à cœur et j’espère avoir réussi à accompagner les acteurs de santé vers une meilleure appropriation des droits des usagers individuels et collectifs.

Maintenant que j’approche de la retraite, je peux dire que je n’ai pas vu le temps passé. Ce qui m’a plu, c’est d’avoir appris à tous les âges. Je ne me suis jamais ennuyée ! A chaque étape de ma carrière, j’ai appris un tout autre métier. Ces années ont été très riches en partage et en collaborations fructueuses.

Je voudrais saluer l’immense investissement de tous ces bénévoles qui œuvrent dans les associations pour la défense des droits des malades et des usagers. Dire également tout le plaisir que j’ai à travailler avec tous mes collègues et les partenaires extérieures dans ce domaine qui ne laisse personne indifférent.

Et puis, tout ne s’arrête pas là ! Je pars à la retraite en juillet 2020 et j’ai déjà plein de projets.  J’ai le désir d’apprendre un métier d’artisanat, et de m’investir dans une association de représentation des droits des usagers. C’est très important pour moi et ce serait la suite logique à mon parcours.