Une expérimentation pour pallier la pénurie de personnel soignant en Ehpad

Communiqué de presse
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En septembre 2019, l’ARS Paca a signé avec les gestionnaires et fédérations du secteur du médico-social un protocole d’accord pour le lancement d’une expérimentation sur la formation des personnels d’Ehpad non diplômés au métier d’aide-soignant.
Corps de texte

Le rapport « Grand âge et autonomie » remis de mars 2019 par Dominique Libault, président du Haut Conseil du financement de la protection sociale, a mis en exergue la problématique de la pénurie du personnel soignant en sous-effectif dans les Ehpad.

Dans cette page..

En 2015, près de la moitié des structures d’hébergement indiquaient rencontrer des difficultés de recrutement pour les personnels en lien direct avec des personnes âgées en perte d’autonomie.

63 % des établissements qui déclarent avoir des difficultés de recrutement ont au moins un poste non pourvu depuis 6 mois ou plus. Les Ehpad du secteur privé à but lucratif sont les plus concernés.

C’est dans ce contexte que la ministre de la Santé a confié en juillet dernier à Myriam El Khomri, conseillère de Paris et ancienne ministre du Travail, une mission sur l'attractivité des métiers du grand âge.

Une expérimentation pour pallier la pénurie d’aides-soignants en Ehpad

En région Paca,

  • 84% des Ehpad signant un CPOM en 2019 déclarent rencontrer des difficultés pour recruter du personnel Aide-Soignant/Aide Médico-Psychologique.
  • 63% des Ehpad signant un CPOM cette année déclarent également avoir recours à des agents de services hospitaliers « faisant fonction d’aide-soignant »

Le protocole signé entre l’ARS Paca et les Fédérations de gestionnaires (FEHAP, FHF, FNADEPA, SYNERPA) vise à répondre à ces difficultés et à cette pénurie de professionnels.

Il a pour objet la mise en place d’une expérimentation sur 3 ans  pour permettre à du personnel non diplômé et volontaire d’acquérir l’expérience nécessaire pour accéder à un diplôme via une procédure de Validation des acquis de l’expérience (VAE) ou à une formation par la voie de l’alternance.

Concrètement, comment se déroule la formation

Qui est concerné ?

Les personnes travaillant dans  un Ehpad depuis plus de 6 mois à temps plein de travail effectif en tant que salarié et personnel non soignant.

Quel lien auprès de la direction de l’Ehpad ?

La direction de l’établissement est garante de la sélection des candidats. Elle privilégie les personnes ayant les valeurs et les aptitudes nécessaires (compréhension des protocoles de soins, suivi du cursus de formation, compréhension de la langue française - écrite et parlée…) à la prise en charge des personnes âgées dépendantes.

L’expérimentation portera au maximum sur 20% de la totalité du personnel aide-soignant / aide médico-psychologique / accompagnant éducatif et social de l’établissement concerné, dans la limite de 4 membres du personnel et deux postés le même jour.

Quelle perspective ?

Le choix de l’établissement devra se porter en priorité et majoritairement sur l’acquisition des compétences liées à la profession d’aide-soignant.

Quelles étapes ?

A compter de l’entrée dans le dispositif suite à l’accord donné par l’ARS :

Etape 1 : 300 heures de travail en binôme

Durant une période minimale de 300 heures consécutives, la personne qui intègre l’expérimentation effectue l’ensemble de ses tâches inhérentes aux fonctions d’aide-soignant, en binôme permanant avec un tuteur diplômé (aide-soignant).

Au bout de cette période, une évaluation sera effectuée par l’infirmier coordinateur ou un infirmier diplômé d’Etat en lien avec le tuteur sur la capacité de la personne à s’intégrer dans l’expérimentation, en particulier à mener à bien, seule, les tâches de toilette et d’aide à la prise au repas auprès des résidents uniquement en salle collective.

Etape 2 : 1307 heures de travail en autonomie

En cas d’accord du tuteur et de l’évaluateur, la personne intégrée dans l’expérimentation pourra effectuer, seule et pour une durée de travail de 1307 heures (correspondant à 10 mois de travail à temps plein effectif) les tâches inhérentes aux fonctions d’aide-soignant ou d’accompagnant éducatif et social.

La personne concernée exercera sous la supervision d’un personnel diplômé (Infirmier coordinateur, Infirmier diplômé d’Etat, aide-soignant diplômé avec au moins 2 ans d’ancienneté dans l’établissement, …) et sera évaluée à deux reprises :

  • au bout de 400 heures de travail effectif (correspondant à 3 mois de travail à temps plein) ;
  • au bout des 1307 heures de travail effectif.

Aussi bien en doublon, que lors de l’exercice individuel, les tâches suivantes seront exclues :

  • dispensation des médicaments ;
  • travail de nuit.

La personne ne devra pas intervenir au sein des Pôles d’activité et de soins adaptés et/ou des unités « protégées » et/ou des Unités d’hébergement renforcées.

Durant ces deux étapes, sous réserve de résultats positifs de différentes évaluations, l’ARS finance le personnel intégré dans le dispositif à titre dérogatoire sur le forfait soins. Il ne s’agit pas de moyens nouveaux accordés aux Ehpad : le gestionnaire prend en charge les charges sur le forfait soins pérenne accordé à la structure.

Etape 3 : l’entrée dans le dispositif de VAE

La VAE portera sur l’acquisition du diplôme d’aide-soignant ou d’accompagnant éducatif et social spécialité de l’accompagnement de la vie collective en structure. Dans ce cas, l’accent sera mis sur l’acquisition des compétences techniques liées à la toilette des résidents et à l’aide au repas.

La mise en œuvre du dispositif d’entrée en VAE sera une prise en charge dérogatoire sur le forfait « soins » de personnels non diplômés, répondant à des critères prédéfinis, qui pourront remplir certaines fonctions d’aide-soignant (ou d’accompagnant éducatif et social) avec des temps d’évaluations prévus.