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La santé de demain commence aujourd'hui
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Télémédecine
Pour évoluer et rester performant, le système de santé doit intégrer des démarches innovantes. L’ARS contribue à la diffusion et au déploiement des innovations en région, en lien avec les acteurs locaux. Ces innovations dessinent la santé de demain et placent le patient au cœur de ses actions dans le champ de la médecine, des technologies, de l'organisation des soins, et des comportements.
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AU SOMMAIRE

Télé-expertise en neurochirurgie : l’œil de l’expert, même à distance

Dans le cadre d’une urgence neurochirurgicale, le recours à l’imagerie s’avère indispensable pour poser le diagnostic et orienter au mieux le patient. Mais la lecture des images requiert l’aval d’un neurochirurgien. Dans le Var, le recours à la télé-expertise facilite la prise en charge rapide et sécurisée des patients.

Une femme âgée qui plonge brutalement dans le coma… aux urgences du centre hospitalier d’Hyères, les médecins suspectent un hématome. Qu’il conviendrait alors de drainer rapidement. Mais les urgentistes de l’hôpital n’ont pas le même degré d’expertise que les neurochirurgiens. Un scanner est réalisé. Le médecin urgentiste déclenche alors une demande d’avis au moyen de l’ORU BOX, un service en ligne de télémédecine porté par l’ARS Paca.

En quelques clics, cette station à distance lui permet de rédiger un formulaire de demande, de rendre disponibles les images et de choisir un expert. A 20 kilomètres de là, le neurochirurgien de garde à l’hôpital d’instruction des armées Sainte-Anne de Toulon reçoit les images pose son diagnostic et l’envoie aux urgences par messagerie sécurisée : la patiente doit être transférée immédiatement dans un service de neurochirurgie.

Optimiser l’orientation vers les lits de neurochirurgie

« Le système ORU BOX s’avère extrêmement fiable et nous permet de gagner un temps précieux. Même à distance, nous bénéficions de l’avis des meilleurs experts » souligne le Dr Jean-Denis Firoloni, responsable des urgences au centre d’hospitalier d’Hyères. « Il y a quelques années, nous fonctionnions au moyen de CD-Rom livrés par coursiers. Nous avions tenté d’autres systèmes de transmission d’images mais ils ne présentaient pas la même efficience. Cette télé-expertise innovante, permet de mieux orienter les patients. Le département ne compte que 25 places de neurochirurgie : il convient de ne pas engorger ce service pour réserver les places aux patients qui en ont vraiment besoin. »

La télé-expertise s’avère également intéressante dans les territoires qui connaissent un risque de désertification médicale mais aussi pour faciliter l’exercice de la médecine dans des endroits isolés ou dans le système pénitencier. Dans la région, pratiquement tous les services d’urgences peuvent avoir recours à cette expertise neurologique à distance et les médecins peuvent l’utiliser pour l’orthopédie pédiatrique, la dermatologie ou encore le dépistage de la rétinopathie diabétique.

Un chez soi d’abord - Santé mentale : le logement, un atout clef pour se soigner et se réinsérer

Traditionnellement, les personnes présentant des troubles mentaux et vivant dans la rue étaient orientées, pour leur prise en charge, en foyers. Le programme « Un chez soi d’abord » ou Housing First, financé en partie par l’ARS, illustre la pertinence de leur proposer immédiatement un logement.

« Pendant longtemps, la communauté médicale ne s’est pas sentie concernée par le problème du logement des personnes souffrant de troubles mentaux et vivant dans la rue. Comme toute personne sans-abri, ils étaient d’abord placés en foyer, pour bénéficier de soins, et orientés vers un logement en deuxième intention, une fois leur état de santé stabilisé. Les rares personnes accédant à des « appartements thérapeutiques » l’étaient sous conditions » explique le Dr Aurélie Tinland, médecin psychiatre et coordinatrice d’une équipe de rue de l’Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille. « A partir des années 90, des expérimentations menées aux Etats-Unis et au Canada ont prouvé le contraire : les personnes qui bénéficient d’un logement dès le début de leur prise en charge se soignent et s’insèrent mieux dans la société. En 2011, nous avons convaincu le ministère de la Santé d’initier un programme expérimental de recherche en ce sens ».

91% des personnes vivent à nouveau dans un logement

700 personnes vivant dans la rue et présentant des troubles psychiques sévères ont bénéficié de ce dispositif dans quatre villes, à Paris, Lille, Toulouse et Marseille. La première moitié des personnes a bénéficié d’un logement en ville, dans un milieu ordinaire afin d’éviter toute stigmatisation, ainsi que d’un suivi à domicile par une équipe médicale spécialisée. La seconde a suivi le parcours habituel. Les résultats sont sans appel. 91 % des personnes incluses dans l’expérimentation vivaient dans leur logement, six mois avant la fin du programme, contre 25 % pour la seconde moitié. Ces personnes, sont en outre moins hospitalisées. Le programme permet de sortir ces personnes de la rue, de leur apporter la prise en charge et les soins dont ils ont besoin. « Il est également bénéfique sur le plan collectif puisque les dépenses médicales, sociales et judiciaires ont été réduites, notamment grâce aux hospitalisations évitées ».

Ces résultats particulièrement encourageants ont amené le nouveau gouvernement à proposer une politique de lutte contre le sans-abrisme, en particulier pour les personnes présentant des troubles psychiques sévères en déployant ce programme sur 20 nouveaux sites en France dans les 5 années à venir.

EXCLU WEB - Vaucluse : des consultations adaptées aux personnes handicapées à l’hôpital

Dans le Vaucluse, les centres hospitaliers d’Avignon et de Montfavet ont mis en place une consultation dédiée pour les personnes atteintes d’handicaps psychiques. Les consultations sont rattachées au Centre hospitalier d’Avignon, pour l’expertise de son centre antidouleur. Il est associé avec le Centre hospitalier de Montfavet qui bénéficie d’un savoir-faire dans ce domaine et d’un plateau technique très développé.

Ce projet s’inscrit dans les priorités du projet médical 2015-2019 du centre hospitalier de Montfavet qui souhaite étendre son champ de consultations pour les personnes handicapées mentale insuffisamment prises en charge dans les dispositifs médico-sociaux ordinaires.

« Ce qui est innovant avec ce projet, tel que l’explique Patrick Vaschalde, médecin algologue, en charge du projet, c’est que l’on peut recevoir les patients sur un temps long, adapté leurs besoins. Une première consultation peut par exemple être dédiée uniquement à la découverte des lieux pour le patient, pour qu’il se familiarise avec l’’environnement et avec le personnel qui l’entoure. Nous le recevons et le rassurons pour lui proposer une prise en charge parfaitement adaptée à ses besoins ».

Ecmo, L’extracorporelle membrane oxygénation

Ecmo

Connaissez-vous l’Ecmo ? L’extracorporelle membrane oxygénation est un petit cœur artificiel temporaire qui permet de remplacer le cœur et/ou les poumons pendant une période de quelques jours à 2 ou 3 semaines.

Frédéric Collart le connait bien. Chirurgien cardiologue à l’hôpital de la Timone de Marseille, il pratique pose ces petits cœurs depuis près de dix ans : « l’Ecmo permet soit d’attendre que le cœur du patient récupère, soit d’attendre que l’on puisse proposer au patient une greffe cardiaque ou un cœur artificiel ».

Mais Frédéric Collart doit surtout sa renommée internationale depuis la mise en place du dispositif innovant d’unité mobile d’assistance circulatoire (Umac) : « nous recevions beaucoup d’appels d’établissements périphériques qui nous demandaient de poser les Ecmo sur des patients souffrant de graves problèmes cardiaques ou respiratoires. Malheureusement, certains patients ne résistaient pas au transport jusqu’à l’hôpital. Nous avons donc dû créer une unité mobile pour nous rendre directement au chevet du patient et assurer son transfert ».

Leur unité se déplace donc dans toute la région Paca, en ambulance ou en hélicoptère, 24h/24 pour aller mettre la machine en place. Elle dépose ensuite le patient à la Timone, s’il s’agit d’un problème cardiaque, ou à l’Hôpital Nord de Marseille, s’il s’agit d’un problème respiratoire.