Lutte contre les cancers : 41 actions priorisées en Paca pour faire reculer le cancer

Communiqué de presse
communiqué de presse

L’Agence régionale de santé (ARS) Provence-Alpes-Côte d’Azur a défini sa politique régionale en matière de lutte contre le cancer pour les 4 prochaines années. La feuille de route régionale 2022-2025 de la stratégie décennale cancer a été validée par la conférence régionale de santé et autonomie.

Elle s’inscrit dans le prolongement de la stratégie nationale de lutte contre les cancers, dévoilée par le président de la République à l’occasion de la journée mondiale contre le cancer le 4 février 2021.

Ce travail a fait lobjet dune large démarche de concertation (près de 500 professionnels et patients impliqués en ville, à l’hôpital, dans les associations, au sein du secteur médico-social etc…) et a permis de définir les modalités de mise en œuvre de 41 actions priorisées au niveau régional.

La mise en œuvre de cette feuille de route sera accompagnée financièrement, par l’ARS Paca, à hauteur de 114 millions d’euros sur la période 2022-2025.

Cette stratégie régionale a été conçue en concertation avec la Région Sud 2022-2027, de sorte que les deux stratégies régionales cancer soient complémentaires.

Priorité aux publics les plus vulnérables

La précarité sera au centre de nos préoccupations. La feuille de route Paca prévoit des actions de prévention et de dépistage ciblées vers les publics les plus vulnérables et éloignés des professionnels de soins. Dans la prise en charge du cancer, les patients en situation de précarité doivent être repérés le plus précocement possible afin d’être orientés vers des structures d’aides adéquates.

L’épidémiologie du cancer en région Paca.

Sur la période 2007-2016, 31 044 nouveaux cas de cancers ont été diagnostiqués en moyenne chaque année en Provence-Alpes-Côte d’Azur, représentant 8,1 % des nouveaux cas diagnostiqués en France métropolitaine. Ces cancers sont responsables d’environ 12 000 décès par an, ce qui en fait la première cause de mortalité (27 % des décès). Néanmoins on constate une baisse de la mortalité par cancers dans la région (- 16 % entre 2000 et 2016), plus marquée chez les hommes (- 21 %) que chez les femmes (- 10 %).

L’incidence régionale des cancers est similaire à celle relevée en France, malgré une incidence significativement plus élevée chez les femmes (+ 4 % tous cancers confondus) et pour certains cancers (cancers de la vessie, de la thyroïde, du poumon et du pancréas).

La mise en œuvre de cette feuille de route se fera avec l’appui de l’ensemble des partenaires impliqués dans la prise en charge du cancer.

Les 10 actions phares de l’ARS Paca pour améliorer la prise en soins du cancer

  1. La lutte contre le tabagisme et l’alcool

La région ayant des consommations de tabac et d’alcool supérieures à la moyenne nationale (32,1% de fumeurs en Paca contre 26,9% en France), l’ARS va privilégier le déploiement de la démarche Lieu de Santé Sans Tabac (LSST) au sein des établissements sanitaires afin de favoriser la réduction de ces facteurs de risque de cancer ;

  1. La promotion des dépistages organisés des cancers en inscrivant le dépistage dans le parcours de santé des personnes et en développant les actions « d'aller vers » en particulier vers les populations vulnérables, et précaires, éloignées du dépistage ;
  2. Le soutien aux actions de formation et d’information sur la reconnaissance des cancers professionnels et sur le maintien dans l’emploi après un cancer ;
  3. La mise en place d’un dispositif de surveillance des cancers des Bouches-Du-Rhône ;
  4. L’amélioration de la fluidité des filières pour certains cancers de mauvais pronostic pour favoriser des diagnostics plus précoces et des prises en charge plus rapides ;
  5. Le développement de la chimiothérapie à domicile avec une meilleure coordination entre la ville et l’hôpital et le déploiement de certaines chimiothérapies injectables en hospitalisation à domicile (HAD).
  6. Le déploiement des soins oncologiques de support (c’est-à-dire de l’ensemble des soins et soutiens qui visent à améliorer la qualité de vie du patient : prise en charge sociale ou psychologique, prise en charge de la douleur, activité physique, etc.)
  7. La prévention et le repérage des séquelles liées à la maladie et/ou son traitement;
  8. L’introduction plus précoce des soins de support à visée palliative pour les patients dont l’évolution de la maladie est défavorable ;
  9. Des actions vers les publics fragiles : suivi des adolescents et jeunes adultes, meilleur repérage des fragilités chez les patients âgés avec un cancer, amélioration du parcours des personnes en situation de handicap en s’appuyant sur les sites de consultations dédiées;

L’ensemble de ces actions seront facilitées par la mise en place du parcours numérique en cancérologie pour permettre une meilleure communication entre les professionnels de santé d’un même patient (cancérologue, infirmiers, médecin traitant, etc.).

Améliorer la prévention

Réduction des facteurs de risques

Lutte contre le tabagisme et l'alcool :

  • Déploiement de la démarche Lieu de santé sans tabac au sein des établissements sanitaires.
  • Développement des compétences psychosociales et promotion du repérage précoce et de l'intervention brève (RPID).

Accès aux dépistages

  • Inscrire le dépistage dans le parcours de santé.
  • Développer des actions d'"aller-vers".
  • Sensibiliser et former les professionnels.
  • Promouvoir les dépistages par les CPTS, MSP et Codes.

Cancer, professions et environnement

  • Favoriser la reconnaissance des cancers professionnels par l'information et la formation..
  • Favoriser le maintien dans l'emploi et lutter contre la désinsertion professionnelle.

Limiter les séquelles et améliorer la qualité de vie

Sécuriser les parcours hors les murs de l'hôpital

  • Coordination ville-hôpital et chimiothérapie orale.
  • Chimiothérapie en HAD.

Renforcer les soins de supports et lutter contre les séquelles

  • Etat des lieux de l'offre en soins de support et mise en adéquation avec la réforme des autorisations.
  • Développer le parcours global post-traitement du cancer.
  • Développer la prévention et la lutte contre les séquelles.
  • Poursuivre l'éducation thérapeutique (patients experts, etc.).

S'appuyer sur les transformations à venir

  • Réforme des autorisations du traitement du cancer.
  • Nouveau référentiel des centres de coordination en cancérologie.
  • Mise en place du parcours numérique en cancérologie.

Cancers de mauvais pronostic

Améliorer la lisibilité des filières et fluidifier les parcours

  • Des filières fluides et de qualité.
  • Favoriser les diagnostics et les prises en charge rapides.
  • Mise en place de filières remarquables : filière cancer du poumon, oncodermatologie, cancer du pancréas, cancer de l'ovaire, filières hémopathies malignes.

Favoriser l'accès au diagnostic pour une meilleure prise en charge

  • Intégration de la biologie moléculaire au parcours numérique et formations en biologie moléculaire.
  • Renfort de l'offre en imagerie diagnostique.

Favoriser l'accès précoce aux soins palliatifs dans les maladies incurables

S'assurer que les progrès bénéficient à tous

Pour les publics les plus fragiles

Suivi à long terme des enfants et des adolescents et jeunes adultes pris en charge pour un cancer.

Améliorer le parcours des personnes en situation de handicap et des personnes âgées.

S'adapter aux territoires isolés

Développer les téléconsultations de suivi et la télé-expertise.

En cas de nouvelle crise sanitaire

Objectif zéro déprogrammation de la chirurgie du cancer et 100% de dépistage.

Pérenniser les lignes téléphoniques en soins palliatifs.