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Périnatalité : une organisation en réseau pour plus d’efficience

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Couple avec une femme enceinte
Crédit : Fotolia
En 2018, 61365 bébés sont nés dans la région Paca au sein de 42 maternités et centres de périnatalité de proximité. Ils ont pu bénéficier d’une organisation en réseau, qui assure, pour chaque grossesse, un suivi optimal adapté au lieu de vie de la future maman et du type de grossesse classique ou pathologique.
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« Depuis 1998, les maternités sont classées en trois grands groupes en fonction du type de soins qu’elles proposent : les maternités de type 1 accueillent les futures mamans dont la grossesse et a priori le déroulement de l’accouchement ne présente qu’un faible risque de complication... c’est-à-dire la majorité. Les établissements de type 2, qui possèdent un service de néonatalogie ou de soins intensifs néonatals sur place ou à proximité, peuvent accueillir des bébés prématurés à partir de 32-33 semaines d’aménorrhée. Enfin, les établissements de type 3 disposent d’un service de réanimation néonatale et sont spécialisés dans le suivi des grossesses pathologiques (hypertension durant la grossesse, risque d’accouchement prématuré, diabète gestationnel, malformation…) » explique le Professeur Florence Bretelle, gynécologue-obstétricien à l’hôpitalNord de Marseille et présidente du réseau de périnatalité Méditerranée.

Afin d’optimiser la sécurité pour la mère et pour le nouveau-né, les décrets de périnatalité fixent un seuil minimal de trois cents accouchements par an. Ces dernières décennies, de nombreuses maternités ont ainsi fermé leurs portes, mais les femmes ne sont pas pour autant livrées à elles-mêmes.

« Des centres de périnatalité assurent une prise en charge pré et post accouchement personnalisée, à proximité du lieu de vie des femmes » commente le Pr Florence Bretelle.

Le suivi à Gmbrun, l’accouchement à Gap ou Briançon

Ainsi à Embrun, Frédérique Mougenel, sage-femme passionnée, accompagne les femmes avant et après la naissance et ce, depuis 20 ans.

« J’organise des cours de préparation à la naissance, dont certains en piscine, du soutien à l’allaitement et à la parentalité, mais aussi les visites prénatales obligatoires. Elles ne se rendent à l’hôpital de Gap ou de Briançon que pour accoucher. Cette proximité est d’autant plus essentielle que ces deux villes sont situées à quarante minutes d’Embrun lorsque les conditions météo sont bonnes… mais que les routes sont souvent encombrées à cause de la neige ou des vacanciers ! »

centre de périnatalité

Près de 500 patientes suivies en 2018

Frédérique Mougenel continue de se former sans cesse afin de mieux accompagner les femmes. « J’ai à coeur de rendre le meilleur service à la population. Je me suis ainsi formée aux IVG médicamenteuses ou encore au suivi gynécologique de prévention ». Le centre périnatal utilise le service de radiologie qui lui est adossé. Il accueille ponctuellement deux gynécologues et un pédiatre, qui y tiennent des consultations avancées. En cas de nécessité, un médecin urgentiste prend en charge la future maman et la médicaliser avant son transfert vers une maternité.

Mais parfois, la nature décide de ne pas tenir compte de l’organisation administrative. « Chaque année ou presque, un bébé particulièrement pressé pointe le bout de son nez au sein du centre périnatal » note Frédérique Mougenel. En 2018, le centre de périnatalité a assuré le suivi de 125 patientes enceintes et de 412 patientes en suivi gynécologique, tous praticiens confondus.

Les 1 000 premiers jours, une période clef

parent enfant

Les trois premières années de la vie sont déterminantes non seulement pour le développement de l’enfant mais aussi pour la santé globale de l’adulte qu’il deviendra. Ainsi, le concept lancé par  l’Unicef des « 1000 premiers jours » - qui va de la conception aux deux premières années de l’enfant - permet d’envisager une approche globale de la santé de la mère et de l’enfant pour promouvoir des environnements favorables au développement harmonieux du fœtus et du nouveau-né. Car l’aventure de la vie démarre bien avant la naissance.

« Il est important d’apporter des conseils aux femmes avant même la conception, afin de les inciter à observer, dans le cadre d’un projet de  grossesse, une bonne hygiène de vie, à  éviter les expositions aux toxiques environnementaux tels que le plomb, l’alcool, le tabac ou certains médicaments » souligne le Pr Florence Bretelle.

Évaluer les risques environnementaux en périnatalité

femme enceinte enfant

La grossesse et la naissance constituent des périodes de fragilité qui requièrent une attention renforcée. Des structures pluridisciplinaires sont spécialisées dans l’évaluation des risques environnementaux en périnatalité.

Financée par l’ARS, la plateforme CREER (Couple reproduction environnement et risques) est une plateforme de soins et de prévention, centrée sur la santé environnementale autour de la périnatalité. Destinée aux couples ayant un projet de grossesse et aux couples infertiles, elle est hébergée au sein du Centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal Timone Enfant.

Autre structure, la plateforme CREER « Risque obstétrical » propose une consultation précoce pluridisciplinaire réunissant obstétricien, sage-femme, médecin du travail, diététicien, et addictologue afin de mieux prévenir les complications obstétricales et périnatales par l’optimisation de l’évaluation des niveaux de risque obstétrical. L’évaluation initiale et globale de la femme enceinte prend en compte les expositions environnementales et professionnelles aux agents reprotoxiques du couple. Elle permet une orientation précoce des patientes vers des structures adaptées, un parcours médical personnalisé incluant dépistages et traitements, conseils adaptés et instauration de mesures de protection.

Ce dossier spécial a été réalisé par la Provence Publicité - Textes : Solène Penhoat
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