Rencontre avec Thibaut Huret

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Diplômé de sciences politiques, Thibaut Huret a rejoint l’ARS en 2014 après une carrière en tant que collaborateur d’élus à Paris puis à Marseille. Il est aujourd’hui responsable des parcours et de la démocratie en santé au sein de la direction des politiques régionales de santé. Il porte, entre autres, la politique autour du parcours en santé mentale et psychiatrie aux côtés du Dr Vincent Girard.
Corps de texte

Pourquoi avez-vous souhaité intégrer une administration telle que l’ARS ?  

Après mes études de sciences politiques, j’ai travaillé en tant que chargé de mission au cabinet de Daniel Vaillant dans le 18ème à Paris puis en tant que directeur de cabinet de la mairie des 13ème et 14ème arrondissements de Marseille.

En 2014, je me suis tourné vers la mise en œuvre des politiques publiques en intégrant l’agence en tant que chargé de l’évaluation des politiques publiques.

Je souhaité intégrer une administration déconcentrée de l’Etat car je voulais en connaitre le fonctionnement. J’avais aussi envie d’apporter ma pierre et de décliner une politique publique nationale sur un territoire régional.

J’ai été chargé de mission pendant 2 ans et demi. En 2017, à l’occasion de mouvements internes, j’ai pris la tête du département qui met en œuvre le Projet régional de santé et les parcours, et la démocratie en santé.

Quelle différence entre collectivité et administration déconcentrée ?

Ça change fondamentalement. Lorsque l’on travaille au sein d’une collectivité territoriale on se rend compte plus facilement des résultats. Sur la durée d’un mandat, on peut mettre en œuvre des choses concrètes, mesurables, qui vont dépendre de la couleur politique d’un élu : la réhabilitation d’un quartier, une nouvelle politique éducative, la création d’une maison de santé.

Dans une administration centrale, c’est le législateur qui fait passer les lois. Le ministère édite les circulaires pour transcrire cette loi et l’administration déploie une politique publique quelle que soit la couleur politique du terrain et en étant garant de l’intérêt général.

Pouvez-vous expliquer spécifiquement votre rôle dans le parcours santé mentale ?

J’ai commencé à travailler sur le parcours de la santé mentale fin 2018, en collaboration avec le Dr Vincent Girard qui est référent santé mentale auprès de la pilote régionale Véronique Billaud. J’apporte un appui méthodologique à son expertise scientifique.

On forme un binôme intéressant. Vincent a une profonde envie de transformer les prises en charges et l’accompagnement pour les personnes atteintes de troubles psychiques. Moi, j’apporte des éléments méthodologiques pour passer de l’idée à l’action, pour mobiliser des partenaires, des financements. On se complète.

La santé mentale prend une importance particulière au sein de l’agence. Pourquoi ?

Les prises en charge ne sont pas optimales et un certain nombre de personnes sont hors radar du système de soin. Au niveau national, l’impulsion est donnée depuis 1 an et demi pour améliorer le parcours de santé et de vie de ces personnes. Il y a une vraie volonté du gouvernement à mettre à l’agenda politique la santé mentale et la psychiatrie.

C’est d’ailleurs pour cela que la conduite de la feuille de route santé mentale a été confiée à notre directrice générale adjointe. La santé mentale est une matière extrêmement transversale, qui touche profondément aux rapports humains. Notre but a été d’instiller le sujet santé mentale dans chacune de nos directions.

Dès 2018, nous avons commencé à mettre œuvre les projets territoriaux de santé mentale. En 2019, une feuille de route nationale et la nomination d’un délégué ministériel ont vraiment installé la santé mentale comme sujet majeur de santé publique.

Nous sommes à un tournant dans la prise en charge. Le modèle français est en train de changer. Cette impulsion nationale se traduit bien sur chez nous par le fait que la santé mentale est une priorité première de l’agence.

Vous avez parlé des projets territoriaux de santé mentale (PTSM). De quoi s’agit-il ?

Les projets territoriaux de santé mentale sont des démarches innovantes car extrêmement participatives. Elles invitent les acteurs de terrain à proposer des projets à l’agence pour transformer la prise en charge en matière de santé mentale et de psychiatrie sur leur territoire. On demande aux acteurs de terrain de faire un diagnostic de leur territoire et de proposer des actions.

En région Paca, on a sollicité des partenaires pour animer un collectif dans chaque département. Il représente l’ensemble du secteur santé mentale : associations, psychiatres libéraux et hospitaliers, lieux de prises en charge… Cela représente environ 600 personnes sur tout le territoire.

Les Projets territoriaux de santé mentale seront soumis à l’agence au cours de l’été 2020.

Après l’été 2020, que se passera-t-il ?

En 2 ans, nous sommes satisfaits d’avoir pu mettre cette thématique de la santé mentale au-devant de la scène, de l’avoir inscrite en tant que priorité de notre administration et des acteurs du territoire. Ce travail de fond commence à porter ses fruits.

L’enjeu demain c’est que ces projets territoriaux de santé mentale vivent et que cette dynamique perdure. On a prêché la bonne parole, maintenant nous rentrons dans une phase d’action.