Une agence, pour une meilleure santé

Une prise en charge globale

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De nos jours, il est impensable de concevoir la santé comme une entité indépendante, tant les interactions avec la société, avec l’environnement sont grandes. Grâce à la coopération entre les acteurs, la prise en charge des personnes s’effectue de façon globale et concertée, pour leur plus grand bénéfice.
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Consultations enfant/environnement

Créées en 2011 à l’hôpital Nord de Marseille à la demande de l’ARS Paca, les consultations enfant/environnement se sont progressivement déployées sur le territoire. Elles visent à réduire les inégalités en santé en facilitant le dépistage et la prise en charge des pathologies liées aux conditions de vie des enfants.

«Initialement, ces consultations visaient à dépister le saturnisme infantile, une maladie déclenchée par l’exposition au plomb, qui peut avoir des conséquences graves sur le développement psychomoteur de l’enfant » explique le Dr Rémi Laporte, coordinateur des consultations enfant/environnement de Marseille (Hôpital Nord et La Timone). « Le champ d’action s’est très vite élargi. Ces consultations permettent de diagnostiquer toutes les pathologies liées à la précarité du logement, comme par exemple l’asthme ou les allergies ou à la pauvreté et au défaut de suivi médical, notamment les carences alimentaires, retard de vaccinations, caries ou autres maladies chroniques méconnues... Beaucoup de ces familles pauvres ou étrangères sont totalement éloignées du système de santé. Grâce à ces consultations, tournées vers leur enfant, elles se réinsèrent dans le système de soin, exerçant ainsi leurs droits à la santé par le biais des Permanences d’accès aux soins de santé (Pass) mère-enfant.»

Vaccination et visites à domicile

Les consultations enfant-environnement reposent sur une équipe pluridisciplinaire, comprenant un pédiatre, une infirmière, une assistante sociale. Initié à Marseille, le dispositif s’est déployé en région, à Avignon, Manosque, Nice (hôpital Lenval) et à Toulon. Ce déploiement se fait de manière coordonnée dans un réseau santé-environnement régional piloté par l’ARS Paca. A Avignon, environ deux cents consultations sont réalisées chaque année.

« Nous recevons beaucoup de migrants, d’enfants qui n’ont pas de droits ouverts, dont les familles ne se seraient pas tournées vers des professionnels de santé de leur propre chef » explique le Dr Amandine Schott, pédiatre. « C’est l’occasion de vacciner les enfants, de les diriger vers les services de santé adaptés, de leur ouvrir des droits et de leur délivrer des conseils de prévention. Une infirmière peut même se rendre au domicile de la famille pour leur expliquer comment réduire les impacts sur la santé lorsqu’on vit dans un logement qui ne répond pas à toutes les normes d’hygiène et de sécurité. ».

En chiffre

En 2018, sur toute la région Paca, plus de 1 000 enfants ont bénéficié d’une consultation enfant/environnement. Des consultations dont les effets positifs rejaillissent aussi sur leurs frères, leurs sœurs et, au final, sur toute leur famille. Pour que les plus défavorisés ne soient pas exclus de la santé.

En 2018, 72 cas de saturnisme ont été diagnostiqués en Paca.

Lutte contre l’habitat insalubre

Habitat indigne et insalubre

L’habitat insalubre peut provoquer ou accentuer de nombreuses pathologies : saturnisme, maladies respiratoires, pathologies psychologiques, maladies infectieuses, accidents domestiques… La lutte contre l’habitat insalubre constitue donc une priorité pour l’ARS, qu’elle mène avec ses partenaires, associations, collectivités… A Châteaurenard, dans les Bouches-du-Rhône, la mairie a mis en place une politique volontariste afin de mettre fin à l’habitat insalubre.

Les explications de Michel Lombardo, premier-adjoint, délégué à l’urbanisme et à la sécurité

"Ville de 16 000 habitants, Châteaurenard possède un centre ancien, qui compte des logements vétustes, voire insalubres. En 2010, la municipalité a décidé de faire de la lutte contre l’habitat indigne une priorité. Nous avons créé un Pôle logement et contractualisé une convention de trois ans renouvelables avec l’ARS Paca. L’agent de la commune est le plus souvent accompagné d’un technicien de l’ARS qui signale les risques sur la santé, tels que les moisissures, les champignons ou les fils électriques dénudés. Les propriétaires peuvent bénéficier d’aides financières de l’Agence nationale d’amélioration de l’habitat (ANAH) pour les travaux de sortie d’insalubrité et ce même en l’absence d’arrêté préfectoral.

Dans la continuité de sa lutte contre l’habitat indigne, la commune a mis en place divers outils comme l’OPAH-RU et dernièrement le permis de louer. Sur le dispositif de l’OPAHRU, nous travaillons en étroite concertation avec l’ANAH pour la rénovation urbaine. Dans ce cadre, l’Etat a attribué quatre millions d’euros pour la rénovation de l’habitat.

Châteaurenard est l’une des seules communes des Bouches-du-Rhône a avoir mis en place le permis de louer. Ce dispositif, prévu par la loi ALUR de 2014, prévoit que les propriétaires demandent une autorisation préalable de mise en location. Soliha Provence, prestataire de la Ville, effectue, sur demande du Pôle Logement, une visite technique et rédige un rapport sur le même support que l’ARS en matière de logement insalubre afin que la collectivité autorise ou non la mise en location.  Au final, les situations conflictuelles sont rares, 90 % des propriétaires acceptant de réaliser les travaux demandés."

Kallisté, centre de santé participatif

chateau en santé

Plus connu sous le nom de « Château en santé », le centre Kallisté, dans le 15e arrondissement de Marseille, a été inauguré en avril 2018. Porté par une association à but non lucratif, il propose des consultations de médecine générale, des entretiens sociaux ou infirmiers ou encore un suivi orthophonique pour les habitants des quartiers de Kallisté, la Granière, la Solidarité et les Bourrely.

Coco Velten : une incarnation de la mixité sociale

Un centre de coworking, un lieu dédié à la culture mais aussi un foyer pour personnes sans-domicile fixe…Coco Velten, c’est tout cela et plus encore.

Ce bâtiment de 4 000 m² situé Porte d’Aix à Marseille appartenant à l’État est en cours de rachat par la Ville, une procédure qui devrait s’achever fin 2021.

En attendant, le lieu incarne la mixité sociale. L’ARS contribue à ce projet en finançant une équipe médico-sociale. Coco Velten offre une magnifique opportunité de faire coïncider un bâtiment inoccupé pendant plusieurs années avec la politique du logement d’abord.

« L’idée est de permettre à toutes les personnes hébergées dans des structures d’urgence de bénéficier, à moyen terme, d’un logement, ce qui favorise leur réinsertion » explique Pascal Fraîchard, directeur régional de SOS Solidarités, une des structures qui portent le projet.  « Le volet médico-social comprendra notamment l’accompagnement des personnes présentant des troubles mentaux. Il reposera sur une équipe pluridisciplinaire, intégrant un infirmier, du personnel social et des médiateurs pairs en santé, c’est-à-dire des anciens usagers qui ont connu les mêmes problématiques et qui partagent leurs expériences. Cette équipe aura pour mission de faire de la prévention, d’apporter des conseils concrets aux résidents et de les orienter vers les professionnels de santé adaptés à leurs problématiques afin de leur offrir une prise en charge personnalisée et globale. Coco Velten hébergera aussi bien des familles que des hommes ou des femmes seuls, ce qui est rare dans ce type de foyer. Au total, une trentaine de personnes devraient être accueillies. Nous espérons que ce projet pré-figurera une société plus inclusive, où la mixité sociale constitue une réalité. »

Vers une société plus inclusive

La société de demain doit être plus inclusive : ce n’est plus la personne en situation de handicap qui doit s’adapter à la société, c’est la société qui s’adapte à ses différences, qui va au-devant de ses besoins afin de répondre à ses choix de vie. Le concept d’inclusion s’est particulièrement développé à compter de 2015, dans le cadre de la réponse accompagnée pour tous. Cette démarche inclusive concerne tous les champs de la vie : le milieu éducatif et professionnel, les services publics, les transports, les loisirs et bien entendu les établissements et services spécialisés du secteur médico-social. Pour être acteurs de l’inclusion, ces derniers se positionnent comme des lieux ouverts, développant des passerelles avec le milieu ordinaire. Beaucoup de projets visant à renforcer une société inclusive se développent sous forme d’expérimentations, comme celles autour de l’habitat inclusif. L’ARS Paca cofinance également un dispositif d’emploi accompagné incluant du job coaching ou encore l’Autibus, un bus qui va à la rencontre des personnes autistes et facilite leur scolarisation. L’ARS soutient aussi la démarche « Territoires 100 % Inclusifs » autour de cinq axes : accéder à ses droits plus facilement, être accueilli et soutenu dans son parcours, de la crèche à l’université, accéder à l’emploi et travailler comme tout un chacun, vivre chez soi et se maintenir en bonne santé et enfin être acteur dans la cité.

Ce dossier spécial a été réalisé par la Provence Publicité - Textes : Solène Penhoat
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Aller plus loin

Vers une meilleure santé pour tous

Véronique Billaud

"La réorganisation du système de santé constitue une nécessité. C’est aussi l’un des principaux objectifs définis par Agnès Buzyn, ministre de la Santé, dans son projet de loi. Il convient désormais de raisonner en termes de services rendus à la population, aussi bien sur le champ sanitaire (santé) que sur le volet médico-social.

Nous devons ainsi réorganiser l’offre, afin qu’elle soit mieux coordonnée et mieux graduée. Les soins de premiers recours (consultations de généralistes, actes infirmiers, suivi par une sage-femme…) doivent être dis-pensés au plus proche de la population. Sur certains territoires, ils sont insuffisants. Les plans territoriaux d’accès aux soins apportent une solution aux be-soins spécifiques. Les maisons de santé pluridisciplinaires et les centres de santé, soutenus par l’ARS constituent des éléments de réponse concrets.

En parallèle, les soins complexes, aussi appelés soins de recours, doivent s’articuler autour d’établissements de référence, qui dis-posent de l’expertise et des équipements nécessaires.La liaison entre les soins de proximité et les centres d’expertise fait l’objet d’un travail approfondi. La télé-médecine (un patient consulte un médecin à distance), la télé-expertise (un médecin fait appel à un praticien expert) ainsi que les consultations avancées (un spécialiste se déplace sur le territoire) fluidifient le parcours de soins. Il s’agit d’apporter le bon soin, au bon moment, au bon endroit.

Le mot d’ordre est aussi « d’aller vers » le patient au lieu d’attendre que ce soit lui qui fasse la démarche. C’est notamment l’enjeu des consultations enfant/environnement mises en place par l’ARS pour les populations éloignées des parcours de soins.

La logique est également la même en ce qui concerne le volet médico-social. Le parcours grand âge et le parcours destiné aux personnes en situation de handicap visent la constitution d’une société plus inclusive. Ainsi, des Ehpad (1) hors les murs facilitent le maintien à domicile de personnes âgées dépendantes. Enfants et adultes en situation de handicap trouvent leur place dans la cité au travers d’une prise en charge globale et d’un accompagnement personnalisé.Aujourd’hui plus qu’hier, c’est à l’offre de santé de s’adapter à la personne et non à la personne de s’adapter à l’offre.

Ce n’est pas une posture idéologique mais bien notre engagement au quotidien, sur le terrain. Pour y par-venir, l’ARS Paca déploie toute une palette de dispositifs en tenant compte des besoins de chacun et des profils des territoires.
Afficher une offre de santé lisible et compréhensible favorise la démocratie en santé. Parce qu’elles savent où s’adresser, les personnes deviennent actrices de leur santé. La notion anglo-saxonne d’empowerment, à savoir le rôle actif des populations, trouve alors tout son sens. C’est dans cette optique que le gouvernement et l’ARS ont développé l’application santé.fr qui répertorie les professionnels de santé grâce à la géolocalisation et apporte des conseils personnalisés.

C’est aussi dans une optique de partage des informations et de retour d’expériences que nous organisons tous les deux ans les Agoras de l’ARS Paca. Un temps fort d’échanges pour les professionnels de santé afin de promouvoir, tous ensemble, une meilleure santé dans notre région. »