Lorsqu'il y a un risque sanitaire (c'est-à-dire lorsqu'un cas de chikungunya, de dengue ou de Zika est signalé par un professionnel de santé à l'ARS Paca), l'Agence missionne son opérateur l'EID Méditerranée pour intervenir sur les lieux fréquentés par la personne malade pour éviter toute propagation du virus.
🪪Les agents de l'EID Méditerranée qui interviennent sur le terrain disposent d'une carte professionnelle.
Une intervention se déroule en 2 temps : une enquête entomologique et si besoin une opération de démoustication.
🕵️ Enquête entomologique
Un technicien entomologiste est dépêché sur les lieux afin d’identifier la présence du moustique tigre. En raison du caractère urgent de cette opération, aucun avertissement préalable de la population par courrier ou téléphone n’est possible (seule la mairie est informée).
Le technicien accède aux espaces publics ainsi qu’aux espaces extérieurs des propriétés privées, avec la coopération des habitants. Il fait le tour du terrain à la recherche de moustiques adultes et des collections d’eau qui pourraient contenir des larves de moustiques tigre. Il en profite pour prodiguer les bons gestes à tenir face à cet insecte très nuisant.
Si aucun moustique tigre n’est trouvé, l’enquête sera déclarée négative et l’intervention se termine.
Si des moustiques tigres adultes sont détectés, l’enquête est alors positive et un opération de démoustication sera très probablement nécessaire afin de les éliminer et ainsi éviter qu’ils ne transmettent le virus en question.
🧯Opération de démoustication
L'opération de démoustication consiste à réaliser un traitement insecticide dans une zone où l'enquête entomologique a révélé la présence de moustiques tigre adultes susceptibles d'avoir avoir été en contact avec le cas et donc de transmettre les virus du chikungunya, de la dengue ou du Zika.
Cette opération a lieu dans les jours qui suivent l'enquête entomologique et après information de la mairie et des habitants.
Un document d’information "ATTENTION TRAITEMENT MOUSTIQUES" est déposé dans les boîtes aux lettres des habitants et affiché à l'entrée des résidences des zones concernées pour expliquer les modalités pratiques de l'opération de démoustication (où, quand, comment, etc.).
L’opérateur de démoustication de l'EID Méditerranée a besoin d’accéder à certaines propriétés privées pour traiter l’ensemble des gîtes de repos du moustique tigre. La collaboration des habitants est essentielle pour la réussite du traitement.
Le traitement insecticide est une intervention parfaitement maîtrisée. Il se fait dans un espace très limité (périmètre de 150m). Aux doses et méthodes utilisées pour la démoustication autour de cas, l’exposition de la population aux panaches ne présente pas de risque pour la santé. Il est toutefois possible que des personnes plus sensibles ressentent des gênes (picotements des yeux, du nez ou de la gorge). Ces effets sont bénins et réversibles.
Pour éviter ces désagréments et empêcher que le produit ait un impact sur la faune non cible (insectes pollinisateurs en particulier), l’EID pulvérise en fin de nuit.
Les opérateurs de démoustication de l'EID Méditerranée manipulent quotidiennement les insecticides. Ils ont donc besoin d’équipements de protection individuelle pour éviter d’être incommodés.
Il existe plusieurs engins de traitement qui peuvent être utilisés lors du même traitement. Le premier utilisé est un engin autoporté utilisé pour pulvériser le produit depuis la voirie et le second est un engin manuporté par un agent de démoustication de l'EID Méditerranée pour aller traiter les espaces moins accessibles. Il est à noter que les engins utilisés peuvent générer une nuisance sonore pendant une période courte (moins d’une heure).
- L’usage d’insecticides lors d'opérations de démoustication » est fait uniquement autour des cas confirmés de chikungunya, de dengue ou de Zika dans le cadre strict de la lutte anti-vectorielle conformément au décret n°2019-258 du 29 mars 2019 relatif à la prévention des maladies vectorielles. C’est la stratégie utilisée pour détruire les adultes et/ou larves qui ont été retrouvés lors de l’enquête entomologique et à proximité d’une personne atteinte de dengue, de chikungunya ou de Zika. Cet usage vise à détruire les moustiques potentiellement infectés par le virus et contenir géographiquement le risque de diffusion de l’infection.
- Les produits insecticides utilisés ne présentent pas de risques pour la santé (deltaméthrine, Bti) aux doses et méthodes d’application utilisées par l’EID dans le cadre des opérations de Lutte Anti Vectorielle autour de cas importés ou autochtones. Seuls les produits qui disposent d’une autorisation de mise sur le marché peuvent être utilisés, leur liste figure sur : https://www.anses.fr/fr/decisions_biocide
- C’est pour éviter les résistances des moustiques tigres aux insecticides que des opérations de démoustication ne sont pas réalisées systématiquement lors de plaintes de particulier signalant des nuisances. En effet, des analyses récentes ont montré l’apparition de gènes de résistance aux produits insecticides utilisés dans le cadre des opérations de Lutte Anti-Vectorielle (LAV), parmi les populations de moustiques tigres présentes en Paca. Cette situation est assez préoccupante, car si ces gènes se transmettent largement parmi les populations de moustiques tigres, nous ne disposerons plus d’insecticides efficaces pour supprimer les larves et les adultes moustiques infectés lors des opérations de LAV, notamment autour de cas autochtones. Des moustiques infectés en nombre pourraient alors piquer de nombreuses personnes et transmettre le virus de la dengue, du chikungunya ou du Zika et ainsi être à l’origine de la survenue d’une épidémie dans notre région.
- Pour faire baisser la densité des moustiques, la seule solution pérenne est la destruction des gîtes larvaires. Il a été constaté qu’au bout de 10 jours après une démoustication, les moustiques peuvent recoloniser une zone. L’efficacité des insecticides pour diminuer une densité de moustiques dans le temps et l’espace est donc très limitée, obligeant à une répétition des opérations et exposant donc au développement rapide de résistance aux insecticides et à un risque d’inefficacité des produits actuellement utilisés.






