Changement climatique et santé

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Le changement climatique est une nouvelle menace importante pour la santé publique. Particulièrement exposée et vulnérable, la région Paca est un des hots spots mondiaux du changement climatique en cours. Pour se prémunir de ses impacts sanitaires directs et indirects, les actions à venir dans tous les domaines doivent permettre de ne pas amplifier ces impacts et de s’y adapter.
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Les principaux changements climatiques en cours et à venir en Paca

Les enregistrements météorologiques de ces dernières années et les projections des modèles climatiques régionaux actuels mettent en évidence :

  • une augmentation de la température de l’air, de +1,9°C à +5,5°C d’ici la fin du siècle selon les scénarios, avec des vagues de chaleur et des épisodes de canicules en été plus sévères, plus réguliers et plus longs.
  • des cumuls annuels de précipitations relativement stables mais des pluies de type épisodes méditerranéens en hiver et des périodes de sécheresse en été plus intenses et plus fréquentes.

Quels sont les impacts du changement climatique sur la santé ?

Les modifications du climat agissent comme facteur aggravant ou multiplicateur des risques, qui amplifient de nombreux problèmes auxquels sont déjà confrontées les populations.

Les impacts directs

L’augmentation de la température de l’air a un impact direct sur la santé de la population avec une multiplication des hyperthermies et des maladies cardio-vasculaires ou respiratoires pouvant entrainer des pics de mortalité.

Les personnes les plus vulnérables sont les jeunes enfants, les personnes âgées et les femmes enceintes.

L’intensification des catastrophes naturelles (crues, inondations, incendies, etc.) augmente le nombre de sinistrés et par voie de conséquence le nombre de décès et de victimes.

Les impacts indirects

Une modification des conditions climatiques entraîne un ensemble de réactions en cascade, de l’implantation de nouvelles espèces à un changement de comportement, en passant par une modification des milieux pouvant conduire indirectement à des nuisances pour l’Homme. 

L’augmentation des températures peut favoriser l’apparition et la prolifération d’espèces microbiennes, végétales et animales pouvant être à l’origine d’allergies, d’intoxications et de maladies infectieuses.

Cette augmentation aura également pour effet un usage plus intensif des climatiseurs provoquant un risque accru de développement de maladies infectieuses comme la légionellose.

Zoom sur les maladies vectorielles

Les maladies infectieuses qui se transmettent par le biais d'animaux dits "vecteurs", font  l’objet  d’une  attention toute particulière en santé environnementale. Jusqu’à présent, la recrudescence et l’expansion de certaines maladies étaient imputées aux transports  mondiaux plus rapides et plus nombreux. Mais récemment, les scientifiques ont fait cas d’une influence du changement climatique sur ces vecteurs de maladies, par la hausse des températures qui favorise leur développement, l’extension de leurs aires de distribution et l’accélération du développement des agents pathogènes.

C’est le cas par exemple du moustique tigre responsable de la transmission du chikungunya, de la dengue et du Zika.

Des conditions météorologiques et climatiques particulières peuvent également affecter les milieux :

  • augmentation des concentrations  de polluants dans l’air à l’origine de pathologies cardiovasculaires et respiratoires ;
  • raréfaction de la ressource en eau pouvant entrainer des problèmes d’accessibilité à l’eau potable pour tous ;
  • dégradation de la qualité des eaux de consommation humaine et de baignade pouvant entrainer des infections à l’origine de pathologies de l’appareil digestif (gastro-entérite),  de la sphère ORL ou des yeux.

Comment atténuer les effets du changement climatique et s’y adapter ?

L’urgence climatique nous oblige à repenser nos modes de vie actuels. L’ensemble des acteurs de la région doivent s’emparer de ce sujet et adapter leurs stratégies et politiques, qu’elles soient volontaires ou règlementaires, en conséquence.

Réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES)

Seule une diminution drastique des émissions des gaz à effet de serre dans l’atmosphère est susceptible de maintenir la hausse des températures moyennes en deçà de 2°C.

Au niveau régional et local, des dispositifs d’atténuation et d’adaptation au changement climatique existent au travers du Schémarégional climat air energie (SRCAE) et les plans climat air énergie territoriaux (PCAET) portés par les inter-communalité de plus de 20 000 habitants.

Un programme d'accompagnement pour les établissements de santé et médico sociaux

Des actions peuvent également être mises en place par le secteur sanitaire à l’origine d’émissions non négligeables de Co2 et autres. Pour cela les établissements de santé peuvent mettre en place des solutions alternatives dans différents domaines pour réduire leur emprunte carbone tout en améliorant la qualité des soins et en réduisant leurs coûts.

En Paca, l’ARS a déployé un programme d’accompagnement au développement durable, mis en œuvre par le C2DS de 2016 à 2019, auprès de près de 300 établissements de santé de la région.

Développer les mobilités douces

Air pollué, congestion des villes, insécurité, perte d'attractivité… Les transports sont à l’origine d’1/4 des émissions de gaz à effet de serre. C'est pourquoi des initiatives se développent pour encourager les modes de déplacement sains et actifs.

Au travers de plans d'actions nationaux tels que le Programme national nutrition santé (PNNS) 2011-2015 et le Plan national santé environnement (PNSE 3) 2015-2019 les recommandations de santé publique ont été formulées pour permettre à chacun d’intégrer l’activité physique dans son quotidien.

Découvrez actions mises en place dans la région Paca.

Lutter contre les îlots de chaleur et développer la nature en ville

80% des habitants de la région vivent en zone urbaine.

Les milieux urbains sont plus impactés que les milieux ruraux par l’augmentation de la température de l’air. Pendant la journée, les concentrations denses de bâtiments et de matériaux (comme l’asphalte) absorbent plus de chaleur et la libèrent plus lentement la nuit que la couverture naturelle du sol (telle que la végétation).

Renforcer la lutte contre les inégalités sociales de santé

Les personnes les plus précaires seront les plus vulnérables.