Qualité de l'air et pollution atmosphérique

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Les impacts sur la santé liés à la pollution chronique de l’air sont un enjeu majeur de santé publique. En France, on estime que 48 000 personnes décèdent chaque année à cause de la pollution de l'air. C’est la première cause de mortalité environnementale et la seconde cause de mortalité après le tabac et l’alcool.
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Les coûts pour la France liés à la pollution de l’air s’établissent entre 68 et 97 milliards d’euros par an*.  Si toutes les communes de la région Paca atteignaient les concentrations les plus faibles observées dans les communes équivalentes (en matière de type d’urbanisation et de taille), 2 700 décès seraient évités chaque année.

Rapport du Sénat : coûts de l’inaction – Rapport de Mme Leila Aïchi - 2015

Une mauvaise qualité de l’air ambiant tout au long de l’année affecte durablement notre santé : atteintes de l’appareil respiratoire (bronchopneumopathies chroniques, asthme, certains cancers), de l’appareil cardiovasculaires (infarctus, AVC).

De plus en plus d’études tendent à démontrer le lien entre l’exposition aux particules fines et le développement de pathologies comme le diabète, les maladies neurodégénératives, les troubles cognitifs ou des atteintes du système reproducteur.

Les études épidémiologiques ont clairement démontrée que l'exposition chronique et sur le long terme à une pollution de l'air a des effet sur la santé bien plus important que l'exposition lors de pics de pollution.

Néanmoins, les effets sur la santé lors de pics de pollution ne sont pas négligeables. Une adaptation de nos comportements est donc importante pour limiter leurs effets sur notre santé, et surtout des populations sensibles.

Point sur les connaissances et les études épidémiologiques (Santé publique France)

Depuis 2012, l'association AtmoSud, agréée par le ministère en charge de l'environnement, surveille de la qualité de l'air de la région Paca.

Le Plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques (Prépa)

Le Prépa fixe la stratégie de l’État pour réduire les émissions de polluants atmosphériques au niveau national et respecter les exigences européennes. Il combine les différents outils de politique publique : réglementations sectorielles, mesures fiscales, incitatives, actions de sensibilisation et de mobilisation des acteurs, action d’amélioration des connaissances.

Plans de protection de l’atmosphère (PPA)

Au niveau local, les plans de protection de l’atmosphère (PPA) imposent des mesures locales concrètes, mesurables et contrôlables pour réduire les émissions polluantes des sources fixes (industrielles, urbaines) et des sources mobiles (transports).

En région Paca, il existe un plan de protection de l’atmosphère pour les départements des Alpes-Maritimes, du Var et des Bouches-du-Rhône et un plan d’agglomération pour l’agglomération d’Avignon.

Ces différents plans sont gérés par le Ministère de la Transition Ecologique.

Des actions au niveau individuel

Les particuliers peuvent contribuer à réduire la pollution de l’air à leur échelle et limiter les risques pour leur propre santé et celle de la population.

  • Limiter les déplacements en voiture et adopter l’éco-conduite.
  • Préférer les modes actifs (marche, vélo), bons pour la santé, et les transports en communs qui permettent d’économiser du carburant.
  • Penser au covoiturage !
  • Réduire les besoins de chauffage en isolant et en ne surchauffant pas les logements.
  • Utiliser un combustible bois de bonne qualité dans un foyer fermé : bûches, plaquettes et granulés.
  • Entretenir régulièrement les appareils de chauffage et vérifier que leur utilisation est optimale.
  • Remplacer les chaudières anciennes par des chaudières à condensation qui consomment moins d’énergie et diminuent les émissions de polluants dans l’air extérieur.
  • Ne pas brûler les déchets verts : des solutions alternatives existent (composte, déchèterie)

La prévention des risques

L’ARS est chargée de l’analyse des études d’impact sanitaire exigées par la réglementation pour la construction ou l’aménagement d’installations classées, d’infrastructures routières et des  zones d’aménagement concertées.

Elle émet des avis techniques qui visent à la prise en compte des aspects sanitaires dans les documents d’urbanisme, comme les Plans locaux d’urbanisme (PLU), Plans de déplacements Urbains  ou les permis de construire (élaborés par les collectivités territoriales)

Elle participe à la  mise en œuvre des Plans de protection de l’atmosphère (PPA) et du schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET) élaboré par le Conseil Régionalou encore la diffusion des résultats des études sur l'air et la santé, en collaboration avec Santé publique France.

Un engagement spécifique en région Paca

L’ARS Paca soutien Atmosud pour réaliser  des actions de promotion et prévention en santé :

Promotion des mobilités actives 

La pratique des mobilités actives comme la marche ou le vélo permet de conjuguer les bénéfices pour la santé liés à l’activité physique à la diminution de la pollution de l’air.

Le saviez-vous ?

  • Les bénéfices du vélo sur la santé sont 20 fois supérieurs aux risques induits.
  • Pratiquer 30 minutes de par jour améliore notablement l’état de santé : baisse de près d’un tiers du risque de  maladies coronariennes et cardiovasculaires et diminution importante des risques de  cancer du sein et du côlon.

L’ARS Paca soutien donc un projet de quantification des bénéfices sanitaires du développement des mobilités actives dans les projets d’aménagement urbains en partenariat avec les collectivités. Ce projet se base notamment sur l’utilisation de l’outil HEAT développé par l’OMS.

Le rôle de l’agence en cas dépassement des seuils

Lorsque les seuils sont dépassés, quel que soit le polluant concerné, la procédure préfectorale d'information, de recommandation ou d'alerte respectivement, est déclenchée. Une information est diffusée à la population, en particulier aux personnes vulnérables ou sensibles.

Les actions principales de l'ARS sont les suivantes:

  • veiller à l’intégration des enjeux sanitaires dans le dispositif préfectoral de gestion des épisodes de pollution de l’air ambiant, sur la base des relations établies notamment entre le préfet, l’ARS et l’association agréée de surveillance de la qualité de l’air (Aasqa) ;
  • surveiller l’impact sanitaire à court terme de l’épisode dans un but d’aide à la décision et à la gestion ;
  • participer à l’information et à la communication sur les recommandations sanitaires des personnes vulnérables et sensibles, de la population générale et des professionnels de santé ;
  • maintenir le fonctionnement du système de santé sur l’ensemble du territoire, notamment par l’information des professionnels du secteur sanitaire lorsque des mesures de gestion pouvant avoir des conséquences sur leur activité sont mises en oeuvre.

Les principaux polluants atmosphériques

Les polluants d’origine naturelle

Ils proviennent de la biodégradation de la matière organique (ammoniac, hydrogène sulfuré, méthane…), des embruns marins (aérosols de chlorure de sodium…), de la végétation (pollens, spores), de la vie animale (dioxyde de carbone…), mais aussi des incendies de forêt (imbrûlés, hydrocarbures aromatiques polycycliques…) et des émissions volcaniques (dioxyde de soufre, hydrogène sulfuré, particules…).

Les polluants d’origine anthropique

Ils sont attribuables :

  • aux foyers fixes de combustion (monoxyde et dioxyde de carbone, suie, dioxyde de soufre, oxydes d’azotes, particules, hydrocarbures aromatiques polycyclique) ;
  • aux moyens de transports (monoxyde et dioxyde de carbone, oxydes d’azote, hydrocarbures, composés organiques volatils pour les véhicules à essence, et particules très fines, hydrocarbures aromatiques polycycliques, dioxyde de soufre avec moins de monoxyde de carbone, de composés organiques volatils et d’oxydes d’azote pour les véhicules diésel) ;
  • aux activités industrielles (particules, mercaptans, hydrocarbures, dérivés fluorés, métaux…), à l’incinération des déchets (acide chlorhydrique, métaux, dioxines, furanes…), et à l’agriculture (ammoniac, particules, pesticides…).
Consulter le site du Gouvernement

 

En cas de survenue d’un épisode de pollution atmosphérique, l’ARS émet des recommandations sanitaires recommandations comportementales permettant de limiter les émissions de polluants sont également proposées.

Populations vulnérables : Femmes enceintes, nourrissons et jeunes enfants, personnes de plus de 65 ans, personnes souffrant de pathologies cardiovasculaires, insuffisants cardiaques ou respiratoires, personnes asthmatiques.

Populations sensibles : Personnes se reconnaissant comme sensibles lors des pics de pollution et/ou dont les symptômes apparaissent ou sont amplifiés lors des pics (par exemple : personnes diabétiques, personnes immunodéprimées, personnes souffrant d’affections neurologiques ou à risque cardiaque, respiratoire, infectieux).

Les recommandations sanitaires en cas de pic de pollution