Contrôle de la qualité de l'eau du robinet

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Eau du robinet

L’eau est indispensable à la vie. Elle est et restera l’aliment le plus consommé. En assurer, en permanence, sa distribution en quantité suffisante et en qualité respectueuse de la santé publique, constitue un des enjeux majeurs de toutes les sociétés et s’inscrit pleinement dans une démarche de développement durable.

COVID-19
Il n’y a actuellement aucune raison de suspecter une transmission du virus COVID 19 via l’eau courante

L’eau distribuée par les collectivités publiques est étroitement surveillée. Son contrôle, depuis la ressource jusqu’aux robinets des consommateurs, est organisé et exercé par l’ARS Paca et ses délégations départementales.

L’ARS rédige annuellement une fiche d’information « Infofacture » sur la qualité de l’eau du robinet que chaque exploitant doit joindre à une facture d’eau adressée à ses abonnés. Cette synthèse reprend les éléments issus du contrôle sanitaire : microbiologie, nitrates, pesticides, etc.

L'infofacture comporte également des recommandations sanitaires, en particulier vis-à-vis du plomb, des nitrates et du fluor.

Les infofactures de la région Paca

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Cartosante

L'ARS Paca réalise des bilans de la qualité des eaux distribuées. Ce document présente les données du contrôle sanitaire sur :

  • la qualité de l'eau distribuée pour trois paramètres : bactériologie, nitrates et pesticides.
  • l’état d’avancement de la protection administrative des captages.

Le bilan 2015-2017 montre que l'eau distribuée dans la région est globalement de bonne qualité.

Cependant, la région est concernée par d'importantes disparités géographiques. Les problèmes de qualité bactériologique dans les départements alpins soulignent la nécessité de poursuivre la protection des captages et si nécessaire de mettre en place des stations de désinfection pour les réseaux en zone de montagne.

Les actions menées par l’ARS Paca ces dernières années ont permis d’améliorer significativement la situation : plus de 8000 usagers supplémentaires (soient 108 réseaux de distribution) bénéficient désormais d’une eau de bonne qualité sur le plan bactériologique.

La qualité bactériologique de l’eau se mesure par la recherche de bactéries révélatrices d’une contamination d’origine fécale et donc de la présence éventuelle de germes pathogènes.

La réglementation sanitaire prévoit qu’une eau est conforme lorsqu’elle est exempte de ces germes (Escherichia coli et Entérocoques) au robinet du consommateur. D’autres germes banals sont par ailleurs recherchés pour permettre d’appréhender l’état d’entretien des installations et l’efficacité de la désinfection lorsqu’elle existe.

Les mesures de nature à garantir la bonne qualité microbiologique des eaux distribuées sont, entre autres :

  • la protection de la ressource en eau (via l’instauration de périmètres de protection) ;
  • l’entretien rigoureux des ouvrages de captages, de stockage et d’adduction ;
  • la mise en place de traitement de désinfection ;
  • le suivi du fonctionnement et la maintenance des installations de désinfection.

En chiffres

Entre 2015 et 2017, 97,15 % de la population a été alimentée par de l’eau de bonne qualité.

  • 100% des réseaux de distribution qui desservent plus de 50 000 habitants ont fourni de l’eau de bonne qualité microbiologique en 2017.
  • Seulement 47% des réseaux de distribution qui aliment moins de 500 habitants ont fourni un eau de bonne qualité même si la situation s’est significativement améliorée depuis 2015.

Les eaux destinées à la consommation humaine sont soumises à des exigences de qualité fortes.

Les délégations départementales de l’Agence régionale de santé exploitent en temps réel les résultats du contrôle sanitaire

Lorsqu'une non-conformité est décelée, l'ARS étudie le risque sanitaire pour la population afin que les mesures correctives et préventive soient mises en œuvre dans les meilleurs délais par le responsable de la distribution.

Si nécessaire, le préfet peut demander des restrictions d'usage de l'eau ou l'interdiction momentanée de consommation de l’eau du robinet. Pendant cette période d’interdiction et dans l’attente du rétablissement de la qualité de l’eau distribuée, la personne responsable de la distribution de l’eau doit mettre à disposition des usagers une eau potable de substitution (eau embouteillée, …).

Voir les restrictions de consommation d'eau

Les produits phytosanitaires ou pesticides sont des substances chimiques utilisées pour lutter contre les organismes jugés indésirables : plantes, animaux, champignons, bactéries, parasites. Ils sont principalement utilisés dans le milieu agricole mais le sont également pour des usages domestiques, urbains, de voiries et d’infrastructures. Plus de 4 500 tonnes de pesticides sont utilisées chaque année en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

La pollution des eaux par ces produits est liée à leur entraînement par ruissellement ou érosion (contamination des eaux de surface) ou par infiltration (contamination des eaux souterraines). Le transfert des pesticides dans les rivières et les nappes est influencé par leur solubilité dans l’eau, leur stabilité chimique, la nature du sol, la pluviométrie.

La présence de métabolites de pesticides dans les ressources en eau et dans les eaux distribuées s’explique principalement par leur formation dans l’environnement via des processus de dégradation des molécules actives de pesticides.

La réglementation

Le contrôle sanitaire des eaux mis en œuvre en région Paca inclut la recherche d'environ 200 molécules choisies en fonction notamment des activités agricoles locales, des surfaces cultivées et des quantités de pesticides vendues et des capacités analytiques des laboratoires agréés.
Lorsque l’exigence de qualité n’est pas respectée, ponctuellement ou plus régulièrement dans le temps, le responsable de la distribution de l’eau est tenu :

  • de prendre des mesures appropriées et d’informer les consommateurs,
  • de mettre en œuvre un programme d’amélioration pour rétablir la qualité des eaux distribuées.

Quels sont les risques pour la santé ?

Les effets sur la santé des pesticides sont surtout connus dans le cas d’intoxications professionnelles suite à lexposition accidentelle à un produit concentré. À de très fortes doses, lintoxication dite ‘‘aiguë’’ se manifeste par des troubles nerveux, digestifs, respiratoires, cardio-vasculaires ou musculaires. La connaissance des effets d’une exposition à de très faibles doses de pesticides et à long terme est encore aujourd’hui incomplète (notamment les effets associés à un cocktail de molécules). Certains sont suspectés d’être cancérigènes, voire mutagènes, et d’entraîner des effets néfastes sur le système nerveux central (Parkinson) et le foie. Certains sont également considérés comme des perturbateurs endocriniens.

L’eau ne constitue pas le seul apport de pesticides : sauf exception, la part attribuable à leau est très inférieure à celle présente dans les aliments. Des résidus de pesticides sont également présents dans l’alimentation (fruits, légumes, céréales et produits céréaliers) et dans l’air.

La gestion du risque sanitaire s’appuie sur les recommandations émises par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) qui comprend en compte les différentes voies d’exposition pour déterminer les valeurs de gestion sanitaire pour l’ensemble de la population.

Prévention-Traitement 

Parmi les causes de contamination des eaux, peuvent être cités :

  • le lessivage des sols par les pluies entraînant les pesticides vers les eaux superficielles et souterraines, d’où l’importance de prendre en considération les conditions météorologiques lors des épandages,
  • les déversements ‘‘accidentels’’ : vidange de fonds de cuve, rinçage ou abandon d’emballages souillés.

Afin de garantir une eau distribuée de bonne qualité vis-à-vis des pesticides, des solutions alliant préventif et curatif peuvent être mises en oeuvre :

  • La protection des captages et la préservation de la ressource

Les solutions les plus pertinentes sur le long terme sont sans aucun doute celles qui visent à agir à la source du problème, c'est-à-dire les actions de réduction de l’utilisation des pesticides. Inscrites dans les objectifs des plans Ecophyto, ces derniers doivent être recherchés tout particulièrement dans les aires d'alimentation des captages.

Dans le cadre de programmes d'actions volontaires sur des territoires ciblés comme les aires d'alimentation des captages, des mesures incitatives peuvent être mises en oeuvre.

  • La mise en œuvre de traitements de l’eau

Les techniques de traitement adaptées à l’élimination des pesticides sont celles permettant leur rétention physique : adsorption sur filtre à charbon actif ou filtration membranaire. Il est à noter que l’efficacité de ces différentes techniques de traitement est fortement liée à la nature des molécules à éliminer et de l’eau à traiter. Les métabolites de par leur taille et leur solubilité nécessitent un renforcement des étapes de traitement.