Les PFAS font partie d'une large famille de plus de 4 000 composés chimiques. Ces composés sont largement utilisés depuis les années 1950 dans divers domaines industriels et produits de consommation courante du fait de leurs qualités antiadhésives, imperméabilisantes, ou résistantes aux fortes chaleurs. Par exemple :
- certains composants pour emballages alimentaires en papier et en carton ;
- mousse anti-incendie ;
- ustensiles de cuisine anti-adhésion, embouts buccaux de cigarette électronique, semelles de fers à repasser ;
- certains produits ménagers, agents ou imperméabilisants ou antitaches dans l’industrie du textile (vêtements de pluie, moquettes et tissus d’ameublement) ;
- produits utilisés pour la photographie, la lithographie ;
- le fart utilisé sous les skis pour améliorer la glisse ;
- isolant pour fils électriques, câbles électroniques ;
- lubrifiants et cires pour sols et voitures, dans la fabrication de produits cosmétiques ou encore agents antibuée, antistatiques ou réfléchissants pour vernis et peintures.
Présents dans tous les milieux (eau, air, sol) et dans la chaîne alimentaire, les PFAS se dégradent très peu et peuvent ainsi se retrouver en trace dans l’environnement, y compris pour des substances qui ont été interdites depuis plusieurs années. Leur présence dans l’environnement est uniquement liée à l’activité humaine.
La toxicité de ces composés pose question, certains d'entre eux étant classés cancérogènes pour l’Homme ou suspectés d'avoir des effets de perturbateurs endocriniens ou de perturber le système immunitaire.
Les connaissances disponibles sur les PFAS étant encore parcellaires, différents travaux sont actuellement menés par les expertises nationales (ANSES et HCSP) et internationales (OMS) afin d’améliorer la connaissance relative aux conséquences sanitaires de leur présence dans l’eau potable. Ces travaux permettront d’apporter des éléments de réponse plus concrets, notamment en termes de valeurs guides sanitaires ou de mesures de gestion adaptées.
Pour en savoir plus consultez le site de l'ANSES
En réponse aux préoccupations grandissantes concernant les impacts des PFAS sur la santé humaine et la biodiversité, le gouvernement a lancé, le 5 avril 2024, un plan d’action interministériel sur les PFAS. Ce plan d’actions organise la mobilisation de tous les acteurs publics pour réduire le plus rapidement possible les risques associés aux PFAS notamment ceux liés aux PFAS présents dans les eaux destinées à la consommation humaine.
Ce plan interministériel s’organise autour de cinq axes d’actions :
- Axe 1 : Acquérir des connaissances sur les méthodes de mesures des émissions, sur la dissémination et les expositions
- Axe 2 : Améliorer, renforcer la surveillance et mobiliser les données qui en sont issues pour agir
- Axe 3 : Réduire les risques liés à l’exposition aux PFAS
- Axe 4 : Innover en associant les acteurs économiques et soutenir la recherche
- Axe 5 : Informer pour mieux agir
Pour en savoir plus : 2024.04.05_Plan_PFAS.pdf (ecologie.gouv.fr)
Les PFAS font partie des nouveaux paramètres introduits par la directive européenne 2020/2184 du 16/12/2020 relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine (EDCH).
Ainsi, 20 PFAS sont ciblés et une limite de qualité réglementaire est fixée pour la somme de ces 20 molécules dans les EDCH (0,1 µg/L ou 100 ng/L en distribution et 2 µg/L à la ressource).
- En décembre 2022, la directive européenne a été transposée en droit français (ordonnance n°2022-1611 du 22.12.2022 relative à l’accès et à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine)
- A partir du 1err janvier 2023, la France a décidé de faire appliquer, en anticipation ; la directive européenne pour toute situation de dépassement de la limite de qualité de 0.1 µg/L qu’aurait mis en évidence l’ARS ou la PRPDE ;
- A partir du 1er janvier 2026, les PFAS sont intégrés dans le contrôle sanitaire de routine de l’eau de consommation.
Les limites de qualité réglementaires sont fixées pour des paramètres dont la présence dans l'eau est susceptible de générer des risques immédiats ou à plus long terme pour la santé du consommateur. Elles concernent aussi bien des paramètres microbiologiques que chimiques.
L’ARS Paca a anticipé l’échéance réglementaire de 2026 relative à la recherche obligatoire de ces composés en lançant une campagne d’analyses prospectives de PFAS dans des captages utilisés pour l’eau destinée à la consommation humaine, en sortie de stations de production d’eau et au niveau des réseaux de distribution dès 2024.
Les objectifs de ces campagnes sont multiples et visent à assurer la sécurité et la qualité de l'eau potable et à protéger la santé de tous les habitants de notre région. Ils incluent :
- Dresser un premier constat, bien que non exhaustif, de la situation régionale de l’eau potable ;
- Lever des doutes relatifs à la contamination de l’eau potable lorsque la présence de PFAS dans l’environnement est identifiée par d’autres services de l’Etat (DREAL, agences de l’eau…)
- Vérifier et si nécessaire améliorer les performances analytiques des laboratoires du contrôle sanitaire concernant ces paramètres.
- Contribuer à enrichir les travaux de l’ANSES et du Haut Conseil de Santé Publique.
Au 01/05/2026 plus de 3400 analyses de recherche de PFAS ont été réalisées en région PACA permettant de couvrir la totalité de la population desservie par des réseaux de distribution publics.
Des campagnes de recherche exploratoires ont notamment été réalisées en 2023-2024, les résultats sont consultables dans le tableau ci après : Résultats des analyses 2023-2024
En 2025 la recherche des PFAS a progressivement été intégrée au contrôle sanitaire et depuis le 01/01/2026 les PFAS font l’objet de recherche encore plus fréquentes dans le cadre des programmes réglementaires de contrôle sanitaire des eaux destinées à la consommation humaine sur l'ensemble du territoire français.
Les résultats des analyses du contrôle sanitaire sont disponibles sur le site internet de l’ARS (dont les analyses réalisées en 2025) : Résultats des analyses du contrôle sanitaire des eaux de consommation
La loi de février 2025 sur les PFAS, dite loi Thierry, prévoit qu’un décret liste les PFAS que les ARS doivent intégrer au contrôle sanitaire de l’eau potable. Sur la base des recommandations publiées par l’Anses le 22 octobre 2025 sur la hiérarchisation des PFAS à surveiller dans les différents milieux et des résultats de la campagne exploratoire de l’Anses sur les PFAS (cf. ci-dessous), le ministère chargé de la santé a publié un décret le 22 décembre 2025 .
Ainsi, en plus des 20 PFAS que la directive européenne impose de surveiller, ce décret liste deux autres substances, le TFA et le 6 : 2 FTSA, qui seront à rechercher à compter de janvier 2027.
En complément l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) a également analysé 35 PFAS, dont notamment les 20 PFAS prévus par la Directive européenne et le TFA (acide trifluoroacétique) sur l’ensemble du territoire français.
Résultats
Pour la somme des 20 PFAS ciblés, 96,6% de la population de PACA a été alimentée par de l’eau en permanence conforme à la limite de qualité (sans dépassement).
Sur l’ensemble des prélèvements réalisés les situations de dépassement de la limite de qualité de 0,1 µg/l ont été constaté sur les secteurs suivants : consulter les résultats
Les modalités de gestion spécifiques aux PFAS dans les EDCH sont précisées par instruction du ministère chargé de la santé aux ARS du 19 février 2025.
La gestion des situations de non-respect des exigences de qualité des eaux distribuées au robinet est encadrée par la réglementation : elle repose sur l’appréciation, en particulier par l’Agence régionale de santé (ARS), de la situation et des risques sanitaires encourus par la population. En cas de non-conformité, la personne responsable de la production ou distribution de l’eau doit immédiatement informer le maire et les ARS, procéder à une enquête afin de déterminer les causes du problème. Elle doit également prendre toutes les mesures nécessaires pour rétablir la qualité de l’eau. En cas de risque pour la santé, l’exploitant en liaison avec l’ARS diffuse des recommandations d’usage à la population, en particulier aux groupes de population les plus sensibles. Selon les situations, il peut aussi recommander aux populations les plus sensibles de ne pas consommer l’eau pour l’alimentation.
Dans ce cas, le préfet peut demander la mise en place de mesures de réduction des émissions de PFAS par les activités industrielles productrices au titre de ses pouvoirs de police des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) et dans le respect des règles de cette police administrative, notamment l’obligation d’une approche proportionnée et soutenable sur le plan technico-économique.
Un outil de sensibilisation et d’information a été élaboré par la Direction générale de la santé, en lien avec les autres ministères impliqués dans le plan national. Cette brochure numérique vise à sensibiliser sur les PFAS en fournissant des informations claires et consolidées sur l’état des connaissances et elle propose des gestes de prévention pour limiter les expositions à ces substances et aux produits chimiques en général. Cet outil a été construit avec l’appui des agences sanitaires, d’experts sur les PFAS et de professionnels de santé.
Brochure "PFAS : comprendre pour mieux agir" Téléchargement du pdf (660.5 kio)
Enfin, une fiche de synthèse a été spécifiquement conçue à l’attention des professionnels de santé questionnés par leurs patients.
Fiche "EN RESUME - Substances per-et poly-fluoroalkylées (PFAS) et santé Téléchargement du pdf (165.5 kio)
Cette section s’appuie sur l’état des connaissances au moment de sa rédaction ou de sa mise à jour, pour proposer des informations ou conseils, dans l’attente de travaux d’expertise en cours et de l’élaboration de recommandations plus détaillées.
Les connaissances évoluent de façon rapide dans le domaine des PFAS et des risques environnementaux et sanitaires associés. Cette FAQ sera régulièrement actualisée selon l’évolution de ces connaissances.
Plus d’informations : Polluants éternels (PFAS) : s'informer et réduire son exposition - Ministère de la Santé, de la Famille, de l'Autonomie et des Personnes handicapées






