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Inciter les jeunes médecins à exercer dans les Alpes-de-Haute-Provence

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Un médecin tenant un stéthoscope
Crédit : Fotolia
Le département des Alpes-de-Haute-Provence est bien doté en médecins généralistes. Il compte aujourd’hui 186 médecins, soit une densité de 116 médecins pour 100 000 habitants. Pour autant, près d’1 médecin sur 4 est âgé de plus de 60 ans. Le défi de l’ARS pour les années à venir est donc d’inciter les jeunes médecins à venir exercer dans le département.
Corps de texte

« Conforter l’offre de santé de proximité et lutter contre le risque de désertification médicale ». C’est avec ce premier objectif que la délégation départementale des Alpes de Haute-Provence a débuté son plan d’action inscrit dans le programme territorial de santé des Alpes de Haute-Provence, rédigé en 2013 .

Par ailleurs, le profil des médecins et leurs attentes évoluent. Ils exercent désormais en groupe, le plus souvent au sein de centres de santé pluridisciplinaires.

De ce fait,  le département des Alpes de Haute-Provence fait face à deux enjeux  pour les 5 ans à venir termes de démographie médicale :

  • inciter les internes et jeunes médecins à venir exercer dans les Alpes-de-Haute-Provence,
  • fidéliser les médecins en proposant des conditions d’exercice qui répondent à ces nouvelles attentes.

Ces enjeux nécessitent la mise en place de mesures à la fois en amont de l’installation, pendant les études de médecine, et une fois les médecins installés afin de rendre les conditions d’exercice attrayantes.

Plusieurs dispositifs ont été mis en place pour inciter les internes en médecine à exercer leurs stages dans le département des Alpes-de-Haute-Provence. La réalisation de stage peut être le moyen pour les internes de découvrir les différents types d’exercice de la médecine et leur donner envie de s’installer.

Une bourse locale destinée aux internes en médecine pour compenser les frais engendrés par le stage

Une démarche partenariale entre l’ARS, le Conseil départemental, la Faculté de médecine, la caisse primaire d’assurance maladie des Alpes de Haute-Provence  et le Conseil départemental de l'Ordre des médecins a donné lieu à la signature d’une convention pour le versement d’une aide financière aux internes qui choisissent d'effectuer leurs stages dans le département chez des médecins maitres de stage universitaires ou en gynécologie-pédiatrie dans les services du Conseil départemental (PMI et Planification familiale)

Le montant de cette bourse est fixé à :

  • 3.600 € lorsque le stage s’effectue sur les territoires des ESP fragiles ou à risque : Seyne-les-Alpes, Saint-André-les-Alpes, Annot, Castellane, Sisteron, Banon et Allos
  • 1 800€ lorsque le stage s’effectue sur les autres ESP : Barcelonnette, Château-Arnoux, Digne-les-Bains, Forcalquier, Manosque, Oraison et Riez.

Depuis 2013, 4 internes ont bénéficié de cette bourse dans le département des Alpes de Haute-Provence.

Un contrat d’engagement de service public (CESP) pour aider l’étudiant à faire face aux frais liés aux études

Ce contrat ouvre droit au versement d’une allocation mensuelle brute de 1200€ pendant les études de médecine et de chirurgie-dentaire. En contrepartie, les bénéficiaires s’engagent à exercer leur fonctions dans les zones identifiées dans le projet régional de santé comme fragiles ou à risque.

La durée de l’engagement est également à celle correspondante au versement de l’allocation et ne peut être inférieure à 2 ans.

Aujourd’hui, deux étudiants bénéficient d’un CESP et souhaitent s’installer dans le département.

Les ilots de formation pour se créer un réseau professionnel

L’objectif est de permettre aux internes en médecine de réaliser trois semestres sur un même territoire. Les semestres comprennent :

  • un semestre hospitalier ;
  • un semestre auprès d’un médecin généraliste maitre de stage des universités ;
  • un semestre de gynécologie-pédiatrie en secteur hospitalier ou en PMI.

Ainsi, ces ilots permettent à l’interne de se stabiliser géographiquement mais également de se créer un réseau professionnel en ville et à l’hôpital, utile si ce dernier souhaite s’installer.

1 interne suit actuellement un ilot de formation dans le département des Alpes de Haute-Provence.

Si la profession s’est féminisée (en 2015, 58% des nouveaux inscrits à l’Ordre sont des femmes), elle a aussi modifié ses conditions d’exercice, lors de leur première inscription, 15% des jeunes médecins choisissent l’exercice libéral/mixte en 1ère  intention (puis 40% au bout de 5 ans d’exercice). L’objectif est donc de leur proposer des conditions de travail sécurisantes, leur permettant de concilier vie professionnelle et familiale.

Des contrats de praticiens territoriaux pour sécuriser l’installation 

Le contrat de praticien de médecine générale (PTMG) offre à la fois des garanties en termes de rémunération et de protection sociale. Ce contrat est à destination des médecins généralistes remplaçants ou installés depuis moins d’un an souhaitant exercer dans les zones où l’offre médicale est insuffisante.

Le médecin s’engage à exercer dans une zone fragile et à pratiquer des tarifs opposables. Le contrat est conclu pour une durée d’un an, renouvelable une fois.

En contrepartie, le PTMG bénéficie d’une rémunération mensuelle garantie de 6900€ bruts par mois (avant déduction des charges sociales et charges du cabinet) pendant la durée du contrat à condition de réaliser 165 consultations par mois minimum. 

De plus, le PTMG bénéficie d’une rémunération versée par l’ARS de 3105€ bruts par mois pendant la durée du congé maternité et d’une rémunération maintenue pendant un maximum de 3 mois à hauteur de 1552.20€ par mois en cas d’arrêt de travail supérieur à 7 jours.

Que ce soit à la fois en termes de rémunération liée à l’activité ou de la garantie d’un maintien de rémunération en cas d’arrêt de travail, ce contrat est un bon moyen de sécuriser les jeunes médecins pour leur installation en zone fragile, qui peut engendrer des questionnements sur l’activité réalisable. 

Le département des Alpes de Haute-Provence a signé jusqu'à présent 2 contrats de PTMG (1 en 2015-2016 et 1 en 2017-2018),

Une forme d’exercice attractive grâce aux structures d’exercice coordonné

La maison de santé pluri-professionnelle est une structure de proximité avec une équipe constituée de professionnels médicaux et para médicaux.

Elle assure des activités de soin sans hébergement et peut participer à des actions de santé publique ainsi qu’à actions de prévention et d’éducation pour la santé.

L’action d’une maison de santé s’inscrit dans le cadre d’un projet de santé établi à partir d’un diagnostic du territoire et qui témoigne d’un exercice coordonné entre tous les professionnels de santé de la structure, ou associés à ses activités.

Les professionnels d’une maison de santé exercent à titre libéral et ils peuvent être regroupés physiquement ou non sur un même lieu.

Quatre maison de santé sont ouvertes et opérationnelles dans les Alpes de Haute-Provence : Seyne-les-Alpes, Castellane, Sainte-Tulle et Digne-les-Bains. Trois autres projets sont  en cours dans le département.