Le proto, c’est trop risqué d’en rire. Mais ce n'est pas risqué d'en parler

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Parlons proto

Le protoxyde d’azote est une substance addictive pouvant engendrer une dépendance avec des symptômes plus ou moins graves, que la consommation soit occasionnelle ou fréquente.

Le protoxyde d’azote, aussi appelé « gaz hilarant », est utilisé à l’origine dans des contextes médicaux ou culinaires. Toutefois, son usage détourné pour ses effets euphorisants s’est largement développé ces dernières années, notamment chez les adolescents et les jeunes adultes.

Des risques graves, parfois irréversibles

Le protoxyde d’azote (N²O) est un gaz incolore, d’odeur et de saveur légèrement sucrées. Il est utilisé dans le champ médical, mélangé à de l’oxygène pour son action anesthésiante/analgésiante, ou bien encore dans le domaine culinaire pour les siphons à chantilly.

Le « proto » est également utilisé de façon détournée en raison de son effet euphorisant lorsqu’il est aspiré. Il devient alors une substance addictive pouvant engendrer des symptômes plus ou moins graves, que la consommation soit occasionnelle ou fréquente :

  • signes neurologiques : troubles de la sensibilité type fourmillements ou sensations de brûlures au toucher, perte de sensibilité, troubles de la marche, troubles cognitifs (troubles de la mémoire, du langage, de l’attention, de la perception du monde extérieur) ; maux de tête, malaises, vertiges, troubles de l’équilibre, troubles érectiles.
  • signes cardio-vasculaires : thromboses veineuses, embolies pulmonaires, AVC, douleurs thoraciques, troubles du rythme cardiaque.
  • manifestations psychiques : agitation, agressivité, hallucinations visuelles/auditives, délire paranoïaque, angoisse, anxiété, attaque de panique, tristesse, irritabilité, idées suicidaires, confusion, amnésie, insomnie, troubles des cycles jours et nuits.
  • traumatismes et chutes : accidents de la voie publique et de la route, brûlures occasionnées par le gaz très froid.
  • les risques pour les autres : accidents de la route (perte de contrôle du véhicule pouvant mettre en danger la vie d’autrui), pollution des sols due aux capsules vides laissées sur la voie publique.

Structures de prise en charge en région Provence-Alpes-Côte d'Azur

La prévention et l’information restent essentielles pour limiter les usages à risque et orienter les personnes concernées vers des dispositifs d’accompagnement adaptés. Retrouvez l’ensemble des structures de prise en charge des conduites addictives - CAARUD et CSAPA - en Provence-Alpes-Côte-d'Azur :

 

 

Aller plus loin

Relayer la campagne

Une augmentation significative de l’usage détourné du protoxyde d’azote (dit « gaz hilarant ») est constatée depuis plusieurs années, en particulier par les adolescents et jeunes adultes, en raison de son effet euphorisant. Face à l’augmentation des usages détournés du protoxyde d’azote, les acteurs de santé publique poursuivent leurs actions de sensibilisation auprès des jeunes.

Les données nationales montrent une progression continue des signalements liés à cette consommation :

  • 472 signalements liés au protoxyde d’azote enregistrés par les centres d’addictovigilance en 2023,
  • soit +30 % par rapport à 2022,
  • 305 signalements recensés par les centres antipoison en 2023 (+20 %). 

Plus largement, les données disponibles indiquent que les intoxications graves ont fortement augmenté ces dernières années, avec environ 500 cas graves recensés en 2024, contre moins d’une dizaine par an avant 2018. Ces chiffres restent probablement sous-estimés en raison d’une sous-déclaration des cas.

Face à ce phénomène, les acteurs de santé publique poursuivent leurs actions de sensibilisation auprès des jeunes. La campagne « Le proto, c’est trop risqué d’en rire » vise à informer sur les dangers de cette pratique et à déconstruire les idées reçues autour de ce gaz souvent perçu comme anodin avec plusieurs objectifs : La campagne porte plusieurs objectifs : 

  • améliorer le niveau d’information des jeunes et de leur entourage sur le protoxyde d’azote et les conséquences de sa consommation ;
  • atténuer la « désirabilité sociale » de l’usage de cette substance ;
  • faciliter le relai vers les professionnels pour parler de la consommation du produit et/ou pour engager un accompagnement voire une prise en charge

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