Le rôle des professionnels de santé dans le diagnostic et le signalement précoces

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Professionnels de santé

La dengue, le chikungunya et le Zika sont des maladies à déclaration obligatoire. Leurs symptômes, souvent peu spécifiques (fièvre, douleurs, fatigue, etc.), doivent être mieux connus. Le diagnostic et le signalement précoces de ces maladies permettent aux autorités sanitaires d’activer les mesures de gestion ciblées nécessaires pour limiter le risque de transmissions locales.

Principaux symptômes des maladies vectorielles

Tendances d’apparition des symptômes selon les maladies

Symptômes maladies vectorielles

Les symptômes du chikungunya, de la dengue et du Zika sont souvent similaires, il est donc recommandé de rechercher les trois virus en cas de suspicion.

1. Analyses biologiques selon la date de début des symptômes

Prescriptions biologiques
Date de début des signesAnalyse à prescrire
0 à 4 joursRT-PCR
5 à 7 joursRT-PCR + Sérologie
8 jours et plusSérologie

A savoir :

  • La RT-PCR est une technique spécifique et sensible qui permet de caractériser les souches virales. 

  • La sérologie est une technique moins performante pour laquelle des réactions croisées existent. 

2. Conseils pour le patient

  • Réaliser le prélèvement immédiatement après la consultation.
  • Se protéger des piqûres de moustiques jusqu’à 7 jours après l’apparition des symptômes.

 

3. Déclaration obligatoire

Selon les résultats biologiques, compléter les formulaires Cerfa correspondants :

Identification et objectifs du signalement

En Paca, le moustique tigre est actif entre mai et novembre. Au cours de cette période, le signalement précoce des cas est primordial. Il permet aux ARS d’orienter les mesures de démoustication afin de limiter la survenue de cas secondaires.

Signalez sans attendre les cas à la plateforme régionale de veille et d’urgences sanitaires de l’ARS concernée : ars-paca-alerte@ars.sante.fr 

Pour éviter qu’il ne transmette le virus, recommandez à votre patient de se protéger des piqures. Les moyens de protection sont notamment les répulsifs cutanés, les moustiquaires pour les personnes alitées, l’utilisation de ventilateurs qui gênent les moustiques ou les vêtements amples et couvrants. Conseillez-lui également de limiter ses déplacements en journée afin de limiter le risque d’infecter des moustiques présents dans différentes zones géographiques.

Messages pour personnes atteintes de maladies vectorielles

Les établissements de santé doivent participer activement au dispositif de lutte contre les maladies vectorielles. Ils contribuent au signalement des cas suspects, et mettent en place au sein de leur structure un programme de réduction des risques liés à Aedes albopictus. Les établissements de santé dotés d’un service d’urgence sont particulièrement visés.

Actions attendues des établissements

Les établissements doivent mettre en place, avec l’appui de leur Comité de lutte contre les infections nosocomiales et de leur service en charge de l’entretien des bâtiments et des espaces verts :

  • un programme de réduction des risques liés à Aedes albopictus impliquant la mise en œuvre d’un programme de surveillance et de lutte anti-vectorielle (repérage et élimination mécanique des gîtes larvaires),

  • un plan de protection des usagers et des personnels contre les piqûres de moustiques (utilisation de répulsifs cutanés à distribuer à tout patient suspect de chikungunya, de dengue ou de Zika, de diffuseurs d’insecticides à placer dans les chambres des malades concernés, mise en place de moustiquaires).

  • un plan d’information et de formation des personnels de l’établissement avec, au besoin, l’appui de l’ARS.

  • un renforcement des mesures de précautions standards lors des soins afin d'éviter tout accident d'exposition au sang ou transmission nosocomiale.  

Outils d'aide à la mise en œuvre du plan de Gestion 

Contact du centre hospitalier de Fréjus

Elodie Bathias,
Centre hospitalier intercommunal de Fréjus- St Raphaël
bathias-e@chi-fsr.fr / 04.94.17.79.15