Collectivités : rôle et accompagnement

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Collectivités

Pendant la saison estivale, les collectivités protègent la santé de leurs habitants et touristes en luttant contre la prolifération du moustique tigre, en relayant les messages de prévention et en agissant aux côtés des autorités sanitaires lors de la survenue de cas de chikungunya, de dengue ou de Zika sur leur territoire. L'ARS Paca les accompagne dans leurs actions.

Au cours de la saison estivale 2025, plus de 400 personnes qui ont été infectées par les virus du chikungunya ou de la dengue dans notre région.

Le rôle des collectivités

Face à ce risque sanitaire émergent qui s'intensifiera dans les années à venir, les collectivités sont de plus en plus nombreuses à se mobiliser lors de la saison estivale pour limiter la prolifération du moustique tigre et protéger la santé de leurs habitants et touristes. 

Entre actions de terrain, information de la population et coordination avec les autorités sanitaires, la lutte contre les maladies vectorielles (ou la Lutte Anti-Vectorielle/LAV) s’inscrit désormais comme un volet essentiel des politiques locales de santé publique. 

La solution la plus efficace et durable pour réduire significativement la présence des moustiques tigre et le risque de transmission des maladies associées est d'éviter qu'ils se reproduisent

Les eaux stagnantes constituent des gîtes larvaires, c’est-à-dire des lieux où les moustiques pondent leurs œufs et où les larves se développent avant de devenir des moustiques adultes. Pour limiter la prolifération du moustique tigre, les collectivités doivent :

✅ Éliminer les eaux stagnantes dans l'espace public (voirie, cours d'écoles, parcs, cimetières, etc.) en vidant ou supprimant les contenants et objets pouvant retenir de l’eau, même en petite quantité (coupelles, seaux, gouttières ou vieux pneus).

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✅ Encourager les habitants à éliminer les eaux stagnantes chez eux, dans leurs espaces privés (jardins, terrasses, balcons, etc.) en vidant ou supprimant les contenants et objets pouvant retenir de l’eau, même en petite quantité (coupelles, seaux, gouttières ou vieux pneus). En ville, on estime que 80% gîtes larvaires se trouvent dans les espaces privés, chez les particuliers. 

L'élimination des eaux stagnantes, dans les espaces publics et privés, doit être réalisée régulièrement, et en particulier après les épisodes de pluie qui favorisent la formation de nouveaux gîtes larvaires.

La démoustication doit être réservée aux situations à risque sanitaire

La démoustication consiste à pulvériser des insecticides pour éliminer les moustiques adultes. Ce type d’intervention peut être nécessaire lors de la détection de cas de maladies transmises par les moustiques sur un territoire pour éviter que les virus se propagent. En dehors des situations à risque sanitaire, la démoustication ne doit pas être utilisée pour lutter contre les nuisances (piqûres) car elle présente de nombreuses limites :

❌ Elle est temporaire : elle n’empêche pas la réapparition rapide des moustiques si les gîtes larvaires persistent.

❌ Elle peut avoir un impact sur l’environnement et la biodiversité, en touchant aussi d’autres insectes utiles.

❌ Elle peut, à terme, favoriser l’apparition de résistances chez les moustiques, qui deviendront alors moins sensibles, voire insensibles, aux traitements.

❌ Elle ne remplace pas les actions de prévention à la source.

C’est pourquoi la stratégie la plus efficace et durable pour lutter contre la prolifération du moustique tigre reste la suppression des gîtes larvaires, qui permet d’agir directement sur sa reproduction. Cette méthode est également très efficace pour lutter contre les moustiques communs responsables de nuisances.

La sensibilisation des habitants et des touristes constitue un levier essentiel pour limiter la prolifération du moustique tigre et s’inscrit dans une logique de mobilisation sociale, où chacun devient acteur de LAV. Elle vise à promouvoir les moyens de lutte contre les gîtes larvaires (élimination régulière des eaux stagnantes, gestion des contenants pouvant retenir l’eau, entretien des espaces extérieurs) ainsi que les moyens de protection individuelle (port de vêtements couvrants, utilisation de répulsifs adaptés, installation de moustiquaires).

La diffusion des messages de prévention de la campagne régionale "Mission Zéro Moustique" peut se faire par les canaux habituels des collectivités (sites internet, réseaux sociaux, affichages municipaux, bulletins locaux, mails, etc.) ou lors d’actions de sensibilisation lors d’événements locaux en utilisant les kits stands fournis par l’ARS Paca.

📢 L'information et la sensibilisation de la population doivent être renforcées en cas de circulation virale sur le territoire, afin d’encourager l’adoption rapide des gestes de prévention et de réduire le risque de transmission des maladies vectorielles.

Le rôle des collectivités est crucial lors de la survenue de cas pour limiter la propagation du virus : elles intensifient la lutte contre les gîtes larvaires, informent et mobilisent la population, et coordonnent leurs actions avec l’ARS Paca, Santé publique France et l'EID Méditerranée (opérateur de démoustication).

 

L'accompagnement de l'ARS Paca

Début mai, au démarrage de la période d'activité du moustique tigre, l'ARS Paca informe l'ensemble des collectivités de la région via sa newsletter des actualités épidémiologiques, réglementaires, des retours d'expérience de collectivités déjà confrontées à des épisodes de maladies liées au moustique tigre, etc. 

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Avant et pendant la saison estivale, l'ARS Paca accompagne les collectivités qui le souhaitent dans leurs actions via l'organisation de formations techniques, la mise à disposition d'outils de prévention et de communication dans le cadre de la campagne régionale "Mission Zéro Moustique", ainsi que son expertise technique et soutien lors de la détection de cas de maladies transmises par les moustiques sur un territoire.

En 2026, l'ARS Paca propose aux collectivités qui le souhaitent un dispositif d’accompagnement différencié. Un questionnaire en ligne permet aux collectivités d’exprimer leur intérêt pour ce dispositif et à l’ARS d’évaluer le niveau d’accompagnement le plus adapté à leurs besoins, en fonction de leur niveau d'appropriation du sujet et des spécificités des contextes locaux. 

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