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Maisons de santé pluri-professionnelles et télémédecine : une réponse à la désertification médicale

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Les Hautes-Alpes sont bien dotées en médecins généralistes. Mais la topographie et l'âge de ces médecins font craindre dans les années à venir une désertification médicale. Comment y remédier?
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Les Hautes-Alpes sont  bien dotées en médecins généralistes (285 généralistes) mais la topographie du territoire en complique l’accessibilité.

Dans le même temps, le vieillissement du corps médical, conjugué à la raréfaction de l’installation libérale par les jeunes médecins fait craindre une désertification médicale que l’ARS Paca souhaite anticiper.

De plus, le département compte peu de médecins spécialistes libéraux avec une densité  de 79 médecins pour 100 000 habitants, et des  plateaux techniques hospitaliers concentrés à Gap et à Briançon.

Les maisons de santé pluri-professionnelles

La véritable « mutation »  de notre système de santé peut venir des nouvelles générations exerçant dans les maisons de santé pluri-professionnelles (MSP). Ce dispositif permet un exercice concerté et conjoint des professionnels de santé.

Dans les Hautes-Alpes, l’ARS a accompagnée l’installation de 6 maisons de santé pluri-professionnelles d’ores et déjà opérationnelles : à Aiguilles dans le Queyras, à St Jean St Nicolas, à St Bonnet, à St Firmin et à L’Argentière-la-Bessée  qui   va bénéficier d’un site supplémentaire à Vallouise. D’autres projets sont en cours dans le département.

Les MSP ont vocation à accueillir la télémédecine ; celle-ci  est l’une des composantes de la « télésanté » plus connue du grand public, par les  sites et portails, en tout ou partie liés à la santé, que l’on trouve sur Internet.

La télémédecine : une réponse organisationnelle et technique

La télémédecine est définie par un  décret promulgué en  2010 comme étant  une «  forme de pratique médicale à distance utilisant les nouvelles technologies de l’information et de la communication ». Les domaines d’application sont la téléconsultation, la télé-expertise,  la télésurveillance médicale, la  réponse médicale apporté dans le cadre de la régulation médicale.

La télémédecine constitue ainsi une réponse organisationnelle et technique  au vieillissement de la population, à la raréfaction  des professionnels de santé et aux  contraintes budgétaires.

Il s’agit d’améliorer l’accessibilité de tous aux soins de qualité, notamment dans les zones enclavées et de favoriser  une meilleure coordination entre les secteurs sanitaire, médico-social et ambulatoire.

La télémédecine, comme tout acte de nature  médicale doit respecter les principes de droit commun de l’exercice médical et du droit des patients.

Retour d’expérience dans les Hautes-Alpes

De nombreuses actions de télémédecine ont été réalisées dans les Hautes-Alpes.

  • Dans le domaine de la télé-dermatologie, un outil de télé-expertise  avec un dermatologue référent a été mis en place.
    La prise en charge des patients atteints de pathologies cancéreuses peut se faire par visio–conférences mettant en relation les médecins de la structure hospitalière accueillant le patient et l’établissement de référence (Réunions de concertation pluridisciplinaires).
     
  • Un dispositif de téléconsultation fonctionne  entre  le centre hospitalier d’Aiguilles en Queyras et l’hôpital d’Embrun (gériatres, médecins généralistes, urgentistes), téléconsultation également avec des psychiatres pour les patients  venant de l’hôpital psychiatrique du Vinatier. 
     
  • Le dépistage de maladies chroniques ophtalmologiques telles que la DLMA ou la rétinopathie diabétique a recours depuis peu, à un appareil rétinographe portatif permettant le  dépistage « au lit du patient ».
     
  • En neurologie, le dispositif «  Orubox AVC » permet la prise en charge des accidents vasculaires à distance  grâce à la collaboration entre les urgentistes du Chicas et les unités neurovasculaires régionales.
     
  • Une expérimentation est en cours entre certains établissements d’hébergement des personnes âgées et le service de gérontologie du Chicas (Centre hospitalier des Alpes du Sud), afin de limiter le plus possible les hospitalisations des personnes âgées.