Avec environ 61 000 nouveaux cas détectés et 12 000 décès estimés chaque année en France, le cancer du sein reste le cancer le plus fréquent et la première cause de décès par cancer chez la femme. Détecté tôt, il peut être guéri dans 9 cas sur 10.
En région Provence-Alpes-Côte d’Azur, la participation au dépistage organisé reste toutefois insuffisante : elle s’établit à 33,4 % sur la période 2024-2025, contre 45,6 % au niveau national. L’enjeu est donc de renforcer l’information et la mobilisation, mais aussi de faciliter concrètement l’accès au dépistage, en allant au plus près des femmes.
Un dépistage simple, gratuit et réalisé tous les deux ans
Avec près de 80 % des cancers du sein survenant après l’âge de 50 ans et un âge moyen au diagnostic de 64 ans, le dépistage organisé du cancer du sein est ainsi proposé en France tous les deux ans aux femmes âgées de 50 à 74 ans, ne présentant ni symptôme ni risque élevé ou très élevé de développer un cancer du sein.
Il comprend un examen clinique des seins et une mammographie réalisée par un radiologue agréé. Dans le cadre du programme, la mammographie est prise en charge à 100 %, sans avance de frais.
Ce dépistage permet de détecter 60 % des cancers du sein à un stade précoce, avant même l’apparition de symptômes, et ainsi de favoriser une prise en charge plus rapide et adaptée. Cette détection précoce constitue un facteur essentiel dans le pronostic des patientes. Ainsi, chez les femmes diagnostiquées entre 2010 et 2015, la survie nette standardisée à 5 ans atteignait 88 %, soulignant l’importance du dépistage dans l’amélioration des chances de survie.
La double lecture : une garantie de qualité spécifique au dépistage organisé
Le dépistage organisé du cancer du sein bénéficie d’une double lecture systématique des mammographies jugées normales lors de la première lecture.
Concrètement, après l’interprétation du premier radiologue, les clichés sont transmis à un second radiologue expert qui procède à une nouvelle analyse. Cette seconde lecture constitue une garantie de qualité propre au programme de dépistage organisé et permet de détecter des cancers qui n’auraient pas été identifiés lors de la première lecture. Elle contribue notamment à réduire le risque de faux négatif.
Selon l’Assurance Maladie, cette deuxième lecture permet de détecter environ 6 % des cancers du sein dans le cadre du dépistage organisé.
En région Paca, aller vers les femmes pour faciliter l’accès au dépistage
Face aux inégalités territoriales d’accès à la mammographie et à une participation encore trop faible, les acteurs régionaux renforcent les actions de proximité.
Lancé en septembre 2026 dans 4 communes des Bouches-du-Rhône, le Mammobile constitue un nouveau dispositif pour aller au plus près des femmes. Véritable cabinet de dépistage itinérant, il est équipé d’une salle de mammographie, d’une zone d’attente, d’un espace de déshabillage et d’un accès pour les personnes à mobilité réduite.
Cet équipement mobile a pour objectif de faciliter l’accès au dépistage, tout en renforçant l’information et la sensibilisation des populations locales. Porté par l’Institut Paoli-Calmettes, l’Institut du Cancer Avignon-Provence et le Centre Antoine Lacassagne, il permet de réaliser des examens dans le cadre du dépistage organisé, en lien avec l’Assurance Maladie et le Centre régional de coordination des dépistages des cancers (CRCDC).
Cofinancé par la Région Sud et l’ARS Provence-Alpes-Côte d’Azur, le Mammobile sillonne en ce mois d’octobre les six départements de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et s’installe directement dans les communes, notamment celles qui sont éloignées des centres de radiologie ou qui présentent des taux de participation au dépistage insuffisants.
L’objectif est de lever certains freins géographiques et de faciliter l’accès au dépistage organisé, en proposant une offre de mammographie au plus près des lieux de vie.
Une mobilisation collective pour réduire les inégalités d’accès
L’ARS Paca, l’Assurance Maladie et le CRCDC Sud Paca poursuivent leur mobilisation afin de :
renforcer l’information et la sensibilisation des femmes de 50 à 74 ans ;
développer des actions de proximité et « d’aller vers » ;
faciliter l’accès au dépistage dans les territoires les plus éloignés de l’offre de soins ;
réduire les inégalités sociales et territoriales de santé ;
améliorer la participation au programme de dépistage organisé.
Cette mobilisation s’inscrit dans la stratégie nationale de lutte contre les cancers et dans les orientations régionales en matière de prévention et de dépistage.






